13
Mai
2022
0

Procès V13: tournages en cours pour France TV

Dans la suite du documentaire « 13 novembre l’audience est ouverte«  (France 5) et de la série « V13«  (toujours visible sur le site de LCP), que j’ai co-signés et qui ont été diffusés en septembre dernier, France Télévisions nous a demandé de réaliser un nouveau film documentaire sur le procès des attentats du 13 novembre. Ce procès, qui a débuté le 8 septembre au palais de justice de Paris (dans l’ile de la Cité), doit se terminer fin juin-  après plusieurs suspensions dues au Covid.

Après avoir travaillé pendant deux ans sur les 2 premiers films avec le jeune réalisateur Théo Ivanez, je fais équipe cette fois-ci avec un autre réalisateur Jean-Baptiste Péretié, qui s’est aussi pris de passion pour ce sujet de la justice.

Notre intention est de raconter ce procès à travers des témoins-clés et de mettre en avant la manière dont le procès transforme à la fois ceux qui le vivent (parties civiles, accusés, avocats, magistrats, témoins, médias) tout comme la société dans son ensemble.

Depuis plusieurs mois, nous suivons donc le procès au jour le jour et nous avons entamé des tournages, avec de multiples acteurs de ce procès hors-normes – dont certains étaient déjà présents dans les films précédents – qui ont accepté de nous livrer leur analyse et de nous dévoiler quelques coulisses. Nous ne pouvons tous les citer à ce stade, mais je peux d’ores et déjà les remercier de leur confiance et souligner que leurs témoignages nous aident à mieux comprendre ce qui se noue lors d’un procès aussi important (un traumatisme national, 131 morts, des centaines de blessés, plus de 2500 parties civiles, 350 avocats, un million de pages dans le dossier, 10 mois d’audience, 20 accusés dont 14 présents).

Une fois le jugement prononcé (prévu normalement le 29 juin), nous poursuivrons nos tournages à l’automne pour tirer les enseignements de ce procès et accompagner nos témoins dans leur vie, avant d’entamer la phase de montage.

Le film, destiné à un prime time de France TV, devrait être diffusé en 2023 (date encore non définie, nous avons le temps).

D’ici là, les caméras tournent, avec une équipe de choc et l’appui de Kuiv productions.

 

7
Avr
2022
0

Quand Marine Le Pen vantait sa « loyauté » à l’égard de la Russie de Poutine…

Les positions pro-russes de Marine Le Pen, tout comme son « admiration » affichée pour son leader Vladimir Poutine ne datent pas d’hier. Une vidéo un peu oubliée en atteste. La scène se situe le 20 juin 2013, lors de la première visite de la présidente du Front national à Moscou. Elle est reçue à bras ouverts, au Kremlin par Dimitri Rogozine, vice-président du gouvernement chargé de la Défense, et à la Douma notamment par Sergeï Narychkine, ancien bras droit de Poutine et futur patron des services secrets SVR. Elle prononce également un discours au MGIMO, l’institut d’Etat des relations internationales de l’Université de Moscou, avant de répondre à des questions des étudiants.

Cette conférence-débat au MGIMO est bien évoquée sur le site du RN, mais sans la vidéo correspondante, très instructive, de plus d’une heure. Nous l’avons retrouvée (voir ci-dessous l’intégralité de la vidéo)  Marine Le Pen y détaille ses points de vue. Elle explique ses positions contre l’OTAN et contre l’Union européenne, cette dernière étant considérée par elle comme « totalitaire », au point qu’elle la surnomme « l’Union soviétique européenne ».


Elle prend ensuite la défense de la Russie en ces termes :

(30’13) « Je suis convaincue que si la Russie est aujourd’hui un peu victime d’une sorte de guerre froide de la part de l’Union européenne, […] c’est parce que c’est vrai que l’Union européenne s’est mise dans la sphère d’influence des Etats-Unis. Et que L’Europe et la France n’a plus cette liberté, cette voix particulière qui était la sienne. Mais c’est aussi, je le crois, parce que la Russie veut défendre sa liberté et sa souveraineté qu’elle ne veut pas se soumettre justement à des ordres venus de tel ou tel coin du monde. Et çà, quelque part, ça dérange. »

Marine Le Pen se prononce alors clairement en faveur d’un rapprochement stratégique avec la Russie, qui partagerait avec la France des « valeurs » et une « même vision de l’homme » :

 (31’40) : « Je veux à tous prix que la France soit capable de recréer des liens extrêmement forts avec la Russie.  C’est notre histoire commune, c’est les liens que nous avons créés dans l’histoire. Mais c’est aussi notre intérêt. C’est votre intérêt et c’est notre intérêt. Nous avons des intérêts stratégiques communs. Nous avons des valeurs communes. Nous avons la même vision de l’homme. Nous avons des racines chrétiennes communes. Et ceci devrait tout à fait naturellement nous pousser à avoir des relations bien plus proches que celles que nous avons aujourd’hui. »

Rappelons qu’à cette époque, le régime de Poutine a déjà écrasé la Tchétchènie, fait assassiner la journaliste Anna Politivoskaïa, mené une guerre meurtrière en Georgie, poursuivi ses opposants et restreint la liberté d’expression…

Mais peu importe : aux yeux de la présidente du Front national, la Russie est une « nation européenne » qu’elle souhaite intégrer dans son futur projet: « Je voudrais, dans l’Europe dont je rêve, cette Europe débarrassée de l’Union européenne, qui soit une Europe des nations libres et souveraines, une Europe des coopérations, que cette Europe aille jusqu’à la Russie. »

A une question d’un étudiant franco-russe sur les raisons de son bon accueil à Moscou par le gouvernement et les autorités russes, Marine Le Pen répond en avouant sa « loyauté » à l’égard de la Russie de Poutine. Elle va même jusqu’à comparer la diabolisation dont la Russie serait victime à celle  qu’elle endurerait elle-même en France, notamment lors de la récente campagne présidentielle de 2012 qui a vu la victoire de François Hollande. Voici cet extrait:

(38’30 à 42’06) « Pourquoi ai-je été reçue ? Peut-être parce j’ai fait preuve en France de loyauté à l’égard de la Russie et de courage, car il faut que vous soyez conscients qu’il y a une véritable œuvre de diabolisation de la Russie par les médias français. La Russie est présentée comme une terrible dictature, avec laquelle il ne faut surtout avoir aucun rapport. Et je serai d’ailleurs passée au grill en rentrant, je vous rassure, je serai passée à la question, comme au Moyen-âge, en rentrant en France par ces médias qui diabolisent la Russie au niveau mondial. Je connais bien cela car la Russie est diabolisée au niveau de l’Union européenne, comme le Front national est diabolisé en France par les mêmes médias. Beaucoup de mensonges proférés sur l’un sont aussi des mensonges proférés sur l’autre.

Ce n’est qu’un début, cette relation avec la Russie, j’espère les approfondir et j’espère notamment qu’au niveau des partis politiques, des relations plus proches pourront s’organiser […] Et je dis la même chose en France que ce je dis ici, cela fait de moi quelqu’un, dans la classe politique française, d’assez exceptionnel, car beaucoup de responsables politiques sont adeptes du double langage : ils viennent vous dire des choses agréables quand ils sont chez vous, mais quand ils sont rentrés en France, ils ne disent plus la même chose. J’ai été assez brutalisée notamment pendant la campagne présidentielle pour avoir défendu, il faut bien le dire, la Russie contre des accusations qui me paraissent injustes. C’est peut-être cela aussi qui fait que l’on m’a accueillie avec courtoisie. »

En adoptant cette posture, Marine Le Pen se place alors délibérément dans le même camp que la Russie de Poutine. Cet alignement, revendiqué, n’a pas varié les années suivantes, puisqu’elle a approuvé l’annexion de la Crimée par la Russie, critiqué les positions ukrainiennes, fustigé le régime des sanctions européennes, soutenu l’intervention militaire de la Russie aux côtés du dictateur syrien Bachar El-Assad et répété de nombreuses fois que la Russie avait été « maltraitée » au plan international.

Signe de ses bonnes relations avec Moscou : elle a obtenu en septembre 2014 un prêt de 9 millions d’euros de la part d’une banque russo-tchéque d’un proche de Poutine pour sa campagne présidentielle de 2017, avant de retourner plusieurs fois à Moscou et d’être reçue en grandes pompes par Vladimir Poutine au Kremlin le 24 mars 2017. La photo immortalisant la scène a été promptement retirée récemment de sa brochure de candidate RN pour la campagne de ces derniers mois.

Malgré sa récente condamnation de la guerre russe en Ukraine, elle a encore répété récemment son souhait de passer un jour une « alliance » avec la Russie, une fois la guerre terminée. Sa « loyauté » envers la Russie de Poutine demeure.

 

17
Mar
2022
0

Les tueurs de la République, édition augmentée, disponible en poche

Ayant déjà édité en poche en 2016 la version initiale de mon livre « Les tueurs de la République » (Fayard, paru en 2015), qui a connu un très grand succès, J’ai Lu poursuit dans la même veine en publiant, ces jours ci (le 16/3) l’édition augmentée et actualisée de ce même livre, parue fin 2020 toujours chez Fayard. Celle-ci est également disponible depuis quelques mois en version audio, chez Audiolib.

Cette édition 2022 de poche compte désormais un peu plus de 600 pages (608 exactement!), soit 200 pages de plus que la précédente, avec des documents originaux en annexe.

C’est, à mes yeux, la plus complète sur le sujet, même si l’opération Barkhane au Sahel, dont je détaille les dernières opérations ciblées, tout en en soulignant les limites, a, depuis lors, été officiellement annoncée comme devant prendre fin rapidement, du fait des positions et de la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali.

Voici la nouvelle présentation résumée de cette édition de poche 2022 des « Tueurs de la République » sur le site de J’ai Lu (avec possibilité de feuilleter quelques pages)

« Vengeances d’État, assassinats en série, attentats commandités, éradication de chefs terroristes, emploi de mercenaires ou de services secrets alliés : oui, la France est capable de tuer pour régler ses comptes et défendre ses intérêts, que ce soit en Afrique, au Moyen-Orient ou ailleurs.Pour ce faire, la DGSE dispose d’une cellule clandestine dont les agents sont entraînés pour mener à bien des exécutions ciblées. De de Gaulle à Macron, tous ont recouru à ces actions inavouables. Ceux qui ont accordé ou obtenu le « permis de tuer » éclairent ici cette face sombre du pouvoir. Cette édition largement augmentée nous révèle ces opérations et qui elles visent. Grâce à de nouveaux témoignages et à la reproduction de documents inédits, elle nous apprend comment la France s’est vengée presque systématiquement des attaques et des attentats qui l’ont frappée depuis 2015. »

 

4
Mar
2022
0

Poutine: le pire est à venir? « C ce soir » sur France 5 le 3/3

J’étais invité, le 3 mars, à participer à l’émission « C ce soir », diffusée sur France 5 à 22h35, dans le cadre d’un débat sur la guerre russe contre l’Ukraine. Je suis notamment intervenu pour rappeler quelques éléments de contexte sur le système Poutine, entouré de ses « faucons » sécuritaires, les « siloviki », sur la possibilité de surenchère militaire, comme un « ours blessé » devenant de plus en plus dangereux. Poutine a sans doute estimé que l’Occident ne réagirait que mollement à son invasion, et il a sous-évalué la résistance russe. Mais cela ne l’arrête pas pour autant et il peut poursuivre l’escalade car il veut remettre la main sur la totalité de l’Ukraine.

Pour relire l’article que j’avais écrit en 2019 sur les « espions de Poutine » et le retour à la guerre froide, publié dans Le Figaro Magazine c’est ici: Fig MAG espions russes

Pour comprendre le système idéologique dans lequel vit Poutine et ses proches, il faut lire le texte d’un chroniqueur de l’agence russe Ria Novosti, dans la droite ligne du chef du Kremlin, mis en ligne par erreur – et vite retiré – qui ne devait être publié qu’après une « victoire » russe en Ukraine. Un texte éclairant, glaçant, instructif, sur les objectifs poutiniens, (sur la « réunification » avec l’Ukraine, le grand retour de la Russie et la fin de la domination occidentale) traduit en français et mis en ligne sur le site de la Fondapol le 2/3. A lire ici.

 

Voilà la présentation de l’émission du 3/3/2022 « C ce soir », disponible en replay ici

19
Fév
2022
0

Serval-Barkhane : au moins 3000 djihadistes tués, dont 50 chefs, par l’armée française au Sahel depuis 2013

La fin de l’opération Barkhane dans sa forme actuelle, du moins le retrait annoncé des forces françaises du Mali, soulève quelques réflexions. Beaucoup y ont vu un « échec » français, tant le partenariat avec le Mali, notamment les Forces armées maliennes (Fama), a été d’abord mis en avant par les décideurs à Paris pendant des années comme une forme d’exemple avant d’être finalement remis en question, et balayé, par la junte militaire qui a pris le pouvoir à Bamako en 2021.

Mais si le bilan humain (avec 58 soldats français tués), politique et diplomatique de Barkhane peut sembler désastreux, c’est d’abord à cause des faiblesses du pouvoir malien, peu prompt à mettre en oeuvre des accords d’Alger signés en 2015 qui prévoyaient un règlement de la question touarègue et des réformes structurelles qui se sont enlisées.

Les militaires français ont rempli, pour leur part, une de leurs missions: entraver les « groupes armés terroristes »  (GAT) autant que possible, dans un contexte de plus en plus compliqué, alors que les règlements de compte ethniques et la surenchère entre les groupes djihadistes de la mouvance Al-Qaïda (GSIM) et ceux de la mouvance ralliée à l’Etat islamique (EIGS) ont élargi les zones d’insécurité aux pays voisins.

Par prudence, les états-majors n’ont jamais voulu fournir de bilan détaillé des « pertes » dans les rangs des GAT depuis le début du déploiement français au Sahel (opération Serval en janvier 2013, suivie par l’opération Barkhane mi-2014). Il est néanmoins possible d’avancer quelques éléments chiffrés, sur la base des communiqués hebdomadaires du ministère des Armées sur les opérations et de déclarations publiques éparses de responsables politiques et militaires. Médiapart s’est livré, ces derniers jours, à cette compilation, estimant que l’armée française a tué « au moins 2800 présumés djihadistes » depuis 2013. Un chiffre a minima, puisque les communiqués délivrés au fil des semaines sont parfois imprécis et qu’ils n’incluent pas les djihadistes tués plus directement par les armées nigériennes, maliennes et burkinabés. L’ONG Acled estime le bilan plus largement à 4 à 5 000 tués.

Depuis 2013, j’ai aussi collecté ces données des états-majors français et croisé diverses sources officielles. Le total auquel je suis parvenu corrobore le chiffre avancé par Médiapart : l’armée française a sans doute contribué directement à l’élimination d’au moins 3000 membres présumés de groupes terroristes au Sahel depuis 2013.

L’opération Serval aurait, à elle seule, causé la mort de 600 à 1000 djihadistes, selon un haut gradé français qui a participé directement à cette opération. Le dispositif Barkhane, qui lui a succédé mi-2014, a d’abord connu une relative accalmie avant que les katibas rivales de l’EIGS et du GSIM ne reprennent leurs offensives en 2017-2018. «Il s’agit de quelques centaines d’hommes et non quelques milliers, mais ils sont prêts à tout » déclarait en octobre 2017 le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. En réalité, il faut croire qu’il ne s’agissait pas seulement de quelques centaines d’hommes, ou que ces groupes n’ont cessé de se régénérer, car le bilan a flambé depuis cette période : en février 2018, le ministère des Armées parlait déjà de « 450 djihadistes tués au Sahel » depuis mi-2014.

Le mouvement s’est accéléré les années suivantes, les chiffres passant le seuil des 800 tués début 2020. Avec la multiplication des raids, les renforts envoyés en 2020, l’appui du G5 Sahel, de la Force européenne Takuba et l’entrée en action des drones armés à partir de décembre 2019, les opérations militaires françaises ont été de plus en plus meurtrières, avec un rythme de près 50 à 100 morts par mois en 2020 et 2021. Devant des parlementaires début 2021, le général Ferlet, directeur du renseignement militaire (DRM) a avancé le chiffre de 859 tués parmi les membres du seul groupe EIGS… Globalement, le bilan dépasserait les 2 200 tués pour la seule opération Barkhane. Non sans laisser planer, parfois, quelques soupçons de dommages collatéraux ou de bavures, comme la frappe sur le village de Bounti au Mali le 3 janvier 2021, qui aurait visé des participants à un mariage selon l’Onu et des ONG qui ont enquêté sur place, et non un groupe de combattants, thèse avancée et réitérée par l’état-major de Bakhane.

Parmi les plus de 3000 présumés ennemis tués au combat, on peut également estimer que la France a éliminé au moins 50 « cibles de haute valeur » (« High Value Targets », ou HVT en anglais), autrement dit des chefs et des sous-chefs importants des groupes armés terroristes. J’ai donné le détail et raconté certaines de ces « opérations ciblées » dans mon livre « Les tueurs de la République », réédité fin 2020.

Les états-majors français ont toujours été très réticents à revendiquer ces « scalps », redoutant que ces annonces ne soient considérée comme des critères de « succès » trop ronflants. Mais les décideurs politiques n’ont pas toujours suivi cette ligne, avec des communiqués sur la mort de certains chefs, comme celle de Djamel Okacha en février 2019, d’Abdelmalek Droukdel en juin 2020, de Bah Ag Moussa en novembre 2020 ou celle du grand chef de l’EIGS, Walid al Sahraoui, en septembre 2021, présentée par Emmanuel Macron et sa ministre Florence Parly comme « un succès majeur » et « un coup décisif ».

Des succès tactiques indéniables, mais qui ont leurs limites. Cette politique de désorganisation et d’attrition des groupes armés terroristes les a sans doute affectés, sans les anéantir. Les chefs ont été renouvelés. La guerre s’est propagée au Sahel. Cette guerre hybride ne peut sans doute pas prétendre à une quelconque notion d’échec, pas davantage que de victoire.

24
Jan
2022
0

Histoire secrète de l’antiterrorisme, rediffusion sur France 5

Le dimanche 23 septembre, en fin de soirée, France 5 a rediffusé le documentaire « Histoire secrète de l’antiterrorisme« , que j’ai cosigné avec Patrick Rotman en 2018. Basé sur les témoignages des hauts responsables français du renseignement, magistrats, juges, policiers, tous « sentinelles » de la lutte antiterroriste, ce film retrace plus de 30 ans de lutte contre le terrorisme international, principalement islamiste. Ces grands témoins évoquent leurs réussites et leurs échecs, sans langue de bois.

De l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à ceux des années 2015-2017, il détaille le contexte géopolitique, les menaces, les filières, les différentes vagues d’attentats ayant frappé la France (1982-1987, 1995-1996, 2012-2017), les enquêtes menées par les acteurs de la lutte antiterroriste ainsi que l’évolution du dispositif législatif et humain pour y faire face.

Visé dans les années 80 par des menaces extérieures, des terrorismes d’Etats (Syrie, Iran, Libye) puis par de nébuleuses islamistes (GIA algérien, Al Qaïda), formés dans des terres de combat (Afghanistan), les menaces ont ensuite pris, après le 11 septembre 2001, un caractère plus diffus, avec des ferments intérieurs, et des combattants partis en Irak en Syrie, ou restés sur le territoire, nourris de propagande et aptes à passer sous les radars.

Ce film d’une durée totale de 152 minutes, en deux grandes parties (menaces extérieures, menaces intérieures), a été diffusé pour la 1ère fois en prime time le 13 novembre 2018 sur France 2, lors du 3ème anniversaire des attentats de Paris et Saint Denis.

Cette rediffusion dans la « Case du siècle » sur France 5 s’inscrit dans le cadre de l’actualité du procès des attentats du 13 novembre 2015, sur lequel j’ai aussi cosigné deux autres films plus récents (« 13 novembre l’audience est ouverte« , et « V13″) et sur lequel je poursuis un travail pour un nouveau film pour France TV.

Pour revoir en replay (jusqu’au 22/2/2022), les 2 parties du docu Histoire secrète de l’antiterrorisme, c’est ici pour la première partie et là, pour la deuxième partie.

Plus de détails sur le film ici, avec un lien vers les commentaires des médias

31
Déc
2021
0

Des échanges dans les lycées sur le journalisme d’investigation et la liberté de la presse

Il m’arrive régulièrement d’être convié dans des établissements scolaires pour parler de mon métier et du contexte dans lequel on peut l’exercer en France, plutôt privilégié comparé à celui qui prévaut dans des pays totalitaires. Oui, nous avons de la chance, malgré les limites légales et les entailles récurrentes, de pouvoir nous exprimer en France, dans un contexte de liberté de la presse et de liberté d’expression, qui constituent l’un des fondements essentiels de nos démocraties.

Ces dernières semaines, j’ai pu ainsi échanger sur mon expérience et mon parcours de journaliste d’investigation dans 2 lycées avec des élèves. Et ce fut riche et passionnant à chaque fois, avec des questions préparées et pertinentes sur les limites de notre métier, les méthodes d’enquête utilisées, la censure ou l’autocensure éventuelle. Il a aussi été question de la démocratie et la justice, puisque j’ai abordé longuement le sujet du terrorisme, via le déroulement du procès des attentats du 13 novembre 2015 que je suis et à propose duquel je prépare un nouveau film documentaire pour France TV, après ceux réalisés ces derniers mois (film unitaire pour France 5 et série doc pour LCP) sur l’enquête et les préparatifs de ce procès historique.

Merci aux professeurs et aux élèves d’une classe de première au lycée Bellevue d’Alès (Gard), qui m’a convié à échanger avec eux, via l’association locale Prima Vera dont je m’occupe un peu. Et merci aux professeurs et aux élèves de première du lycée Richelieu de Reuil-Malmaison (Hauts de Seine), qui m’ont invité à leur parler de terrorisme, suite à ma participation au Live Magazine en octobre à Paris. Ces derniers vont écrire un texte suite à nos échanges, dans le cadre de la Live Mag Academy. Je leur souhaite bonne chance!

29
Oct
2021
0

Une histoire de terrorisme pour le « Live Magazine » à Paris et Bruxelles

Expérience inédite, stressante et passionnante: j’ai participé sur scène, les 4 et 5 octobre à Paris, et le 26 octobre à Bruxelles, aux représentations du journal vivant « Live Magazine ». Sollicité par les organisatrices de ces spectacles d’info live – Florence Martin-Kessler, India Bouquerel, Ariane Papeians, et leur équipe – je me suis lancé dans la préparation de mon « récit »: l’histoire d’un terroriste – Sid Ahmed Ghlam, arrêté en avril 2015, et de ses incroyables notes manuscrites rédigées avant qu’il ne passe à l’acte. Pas facile de s’imaginer sur une scène de théâtre, avec plus de 1000 personnes dans la salle qui vous scrutent, et de raconter cette histoire, en 8 minutes chrono, avec des illustrations, du rythme, le style oral et vivant que nécessite ce spectacle.

Car le Live Magazine est un concept unique et original: un journal éphémère présenté par une douzaine de journalistes, auteurs, photographes, réalisateurs, artistes, qui racontent chacun une histoire inédite, qu’il s’agisse d’un reportage, d’une révélation, des coulisses d’une enquête, d’une histoire laissée de côté jusqu’à présent. Les récits sur tous les thèmes – international, politique, portraits, culture, sport, etc – sont ponctués d’intermèdes musicaux et clos par une session artistique (musique, danse, chant, etc).

Le Live Magazine, c’est une expérience immersive, tant pour ceux qui montent sur scène que pour ceux qui viennent la regarder. Et c’est l’occasion de croiser les regards, de s’émouvoir, du rire aux larmes, de découvrir des personnages, des anecdote ou des sujets graves, de partager des infos et un moment convivial.

 

J’y avais déjà assisté dans le public, avec plaisir. Mais là, j’ai du monter sur scène, affronter mon trac, et m’exprimer, pour détailler l’histoire de ce terroriste, et de ses documents, aussi glaçants qu’étonnants, qui annonçaient les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Ce récit « live » s’est finalement passé sans encombres, mais avec beaucoup d’enthousiasme, à Paris comme à Bruxelles, au milieu d’autres auteurs passionnants. Merci Live Magazine et longue vie à cette belle idée, qui nous a poussés à sortir de notre zone de confort et qui se décline sous de multiples formes.

 

 

Quelques photos des soirées, notamment celles de Véronique Besnard à Paris et Jessica Hilltout à Bruxelles.  Et ci-dessous, le dessin d’Elsie Herberstein sur mon récit.

 

 

 

27
Sep
2021
0

« V13 »: la série documentaire sur les attentats du 13 novembre 2015, sur LCP du 27/9 au 1/10

En complément du film « 13 novembre, l’audience est ouverte », diffusé sur France 5 le 5/9, Théo Ivanez et moi avons réalisé une version longue de ce sujet, sous la forme d’une série documentaire de 5 épisodes (5×52′), qui est diffusée sur la chaîne parlementaire, tous les soirs à partir du lundi 27 septembre au 1er octobre à 20h30.

Chaque épisode est suivi d’un débat, avec des personnalités et des témoins.

Voici la présentation de la série « V13 » sur le site de LCP avec les invités des débats

 

« V13 » : Vendredi 13 novembre 2015 : des attentats ensanglantent Paris et plongent la France dans un état de sidération et de terreur, tuant 131 personnes et en blessant des milliers.

Mercredi 8 septembre 2021 : 14 accusés comparaissent devant des juges, pour le plus grand procès pour terrorisme que la France ait connu, avec près de 1800 parties civiles, 300 avocats et des médias du monde entier.

« V13 » est le récit détaillé de l’enquête titanesque sur les attentats et les coulisses du procès historique qui s’ouvrira le 8 septembre 2021 à Paris. De la traque manquée du coordinateur des attentats courant 2015 jusqu’aux ultimes préparatifs de l’audience, la série dévoile six ans de travail acharné des enquêteurs, des juges d’instruction, des procureurs et de tous ceux qui vont participer à ce procès.

Des magistrats, policiers, victimes, avocats, journalistes et responsables politiques témoignent tous de leur quête de vérité et de justice.

 

Episode 1: “Ce que nous redoutions depuis longtemps”

L’enquête sur les attentats du 13 novembre a réellement débuté dès le début de l’année 2015, avec l’identification du djihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, considéré comme très  dangereux. Les services de renseignement le traquent sans parvenir à l’arrêter avant que ses commandos passent à l’action.

L’épisode et le débat qui suit avec Bernard Cazeneuve sont disponibles ici

 

 

Episode 2: “Retrouver qui a fait quoi, comment et pourquoi”

Après les attentats, les procureurs, juges et policiers démarrent une enquête au long cours pour retrouver des fugitifs et leurs complices en Belgique. Les investigations progressent lentement jusqu’à l’arrestation du suspect Salah Abdeslam, qui précipite les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016.

L’épisode et le débat qui suit avec Georges Fenech sont disponibles ici

 

 

Episode 3: “Une enquête qui fait un million de pages”

Un groupe de six juges d’instruction mène des investigations durant 4 ans, en lien avec leurs homologues en Belgique, et avec les parties civiles. Une enquête internationale, qui permet d’identifier le cerveau des attentats en Syrie. A l’arrivée : 20 accusés et un dossier d’un million de pages, qui contient tout ce qui sera débattu au procès.

L’épisode et le débat qui suit avec les journalistes Soren Seelow (Le Monde) et Matthieu Delahousse (L’Obs) et le procureur fédéral belge Frédéric Van Leuuw sont disponibles ici

 

Episode 4: “Ce procès n’est comparable à rien”

L’organisation du procès a débuté dès 2019 avec la décision de construire une salle spéciale, assez grande pour l’accueillir, dans le Palais de justice de l’île de la Cité à Paris. Un chantier exceptionnel pour ce procès hors-normes. Accusés, avocats, juges et victimes commencent à se préparer à ce qui les attend durant huit mois d’audience.

 

 

Episode 5: “C’est la liberté qui aura le dernier mot”

Visites de chantier, réunions de concertation, rendez-vous chez les avocats, planning d’audience, couverture médiatique : à quelques semaines du procès « V13 », tous les acteurs se mobilisent dans l’attente du jour J. Pour les victimes, l’heure de la parole, de la vérité et de la justice approche.

 

 

 

Pour voir tous les épisodes sur le site de LCP, c’est ici.

Et la bande-annonce du 1er épisode suivi d’un débat ici

 

Des échos de la série dans les médias:

Télérama (22/9) aime beaucoup (2 T): LCP propose les cinq parties de « cette remarquable et considérable série documentaire consacrée aux attentats du 13 Novembre ». Les auteurs de « 13 Novembre : l’audience est ouverte », diffusé sur France 5 le 5 septembre, reviennent sur quatre ans d’enquête, de révélations, et les zones d’ombre qui subsistent.[…] Les révélations font froid ans le dos, tout comme les nombreux témoignages des juges d’instruction, policiers ou proches du dossier […] Eclairant et assez effrayant ».

-Le Monde (29/9) « Remarquable série documentaire sur les attentats du 13 novembre 2015. Les auteurs retracent avec minutie quatre ans d’enquête et de révélations »

Télé magazine (21/9) : « Une série documentaire à la fois pertinente et poignante »

Télé Cable sat (15/9):  » Une excellente série documentaire en cinq épisodes »

La Vie (23/9) (3 étoiles): « La construction chronologique claire de ce récit ainsi qu’une multitude de portraits-robots guident le téléspectateur »

Ouest-France (27/9: « un travail de fourmis sur LCP »:  « un documentaire rondement mené, très pédagogique et éclairant sur ce procès hors norme […] À l’aide d’images d’archives, de reconstitutions mais aussi de témoignages poignants de survivants de ces attentats et des familles de victimes, les réalisateurs tentent de répondre à de nombreuses questions inscrites dans plus d’un million de pages de procédures […] Une enquête édifiante »

-Le choix télé de La Croix (27/9): « Dans cette quête de justice et de vérité, ce travail signé par Théo Ivanez et Vincent Nouzille mêle la parole de responsables politiques, d’avocats, de magistrats, de journalistes mais aussi de victimes. Tous touchés de près ou de loin, ils témoignent de ces heures qui ont marqué leur vie à tout jamais. »

-le choix télé de L’Humanité (27/9): « l’implacable mécanique de l’enquête antiterroriste »… « On pouvait craindre que la multiplication des points de vue ne brouille la compréhension, mais, grâce à un travail de montage remarquable (Alex Cardon, Anne-Sophie Morel, Françoise Bernard), ces voix s’additionnent et se complètent. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir emmené devant la caméra les acteurs majeurs de cette traque, grâce au réseau de Vincent Nouzille, journaliste d’investigation reconnu. Une série indispensable à la compréhension de cet événement qui marquera la société française pour longtemps. »

-le choix télé du Parisien (27/9) (4 étoiles et demi sur 5) « Cette série en cinq épisodes, aussi glaciale que passionnante, de Théo Ivanez et Vincent Nouzille, nous replonge dans les attentats du vendredi 13 novembre 2015. Alors que s’est ouvert le 8 septembre le plus grand procès pour terrorisme que la France ait connu, avec près de 1 800 parties civiles, 300 avocats et des médias du monde entier, les deux journalistes nous livrent une enquête XXL sur ceux qui ont tué 131 personnes et en ont blessé des milliers. […] Fort de très nombreux témoignages de victimes et de proches, de journalistes, de magistrats et de policiers, mais aussi de François Hollande, alors président de la République, ce documentaire décrypte l’effroyable machine de guerre. »

-le choix télé sur France Bleu, de Patrice Gascoin: « une passionnante série »; « un travail de fond extrêmement rigoureux qui nous tient en haleine »; « une plongée remarquablement racontée vers cette quête de vérité et de justice ».

Le choix médias de Louise Bernard sur Europe 1: « une formidable série documentaire »; « Une très grande réussite, c’est celle de faire parler de très nombreux juges et enquêteurs, certains pour la première fois ».