22
Jul
2021
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Les tueurs de la République, disponible sur audiolib

Le nouvelle édition de mon livre “les tueurs de la République”, parue fin 2020, avec de nombreuses révélations et des documents inédits, est désormais disponible – depuis e 21/7) sur la plateforme de livres audio, Audiolib. Le texte du livre (plus de 550 pages) est lu avec force et tonicité par François Berland. Une prouesse. Cela représente 14 heures de lecture!

A découvrir, à écouter, à télécharger sans modération sur le site d’Audiolib

https://www.audiolib.fr/livre/les-tueurs-de-la-republique-9791035406080/

 

Voici la présentation du livre

Vincent Nouzille nous livre une formidable enquête aux airs de thriller qui retrace l’histoire de ces « tueurs de la République ».

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la République : en son nom et sur ordre des plus hautes autorités, des tueurs sont disponibles à tout moment pour éliminer des personnes jugées dangereuses pour la sécurité nationale ou conduire des guerres secrètes contre des ennemis présumés. Les présidents successifs de la Ve République, de De Gaulle à Macron, ont, chacun à leur manière, recouru à ce type d’actions, même s’ils s’en sont défendus. Pour ce faire, la DGSE dispose de son Service Action et, en marge de celui-ci, d’une cellule clandestine dont ce livre retrace l’histoire.

Depuis la parution début 2015 de la première édition des Tueurs de la République, de nouveaux témoignages et documents sont venus enrichir l’enquête. François Hollande a lui-même confirmé des informations dévoilées dans le livre. Des acteurs clés de ces opérations, qu’ils soient des agents de terrain ou de hauts responsables, ont donné à l’auteur des détails sur certains épisodes et révélé de nouveaux pans de ces actions secrètes. Quant au président Emmanuel Macron, il a pris le relais de François Hollande sur ces sujets sensibles avec une attitude plus implacable encore.

Cette nouvelle édition largement augmentée nous révèle comment sont décidées ces opérations d’éliminations, comment elles se déroulent et qui elles visent. Vincent Nouzille, journaliste indépendant, a recueilli des témoignages exclusifs et des documents inédits.

 

25
Jun
2021
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Journalistes de RFI et Bakabo: la vengeance française en question

Le 5 juin 2021, des commandos des forces spéciales françaises ont mené une opération contre un groupe affilié à Al Qaïda au Maghreb Islamique, mené par Baye ag Bakabo et ses hommes alors qu’ils devaient attaquer la base de la Mission des Nations unies (Minusma) à Aguelhok. Selon Paris, le dénommé Bakabo, mort lors de cette opération avec 3 autres djihadistes, n’était pas spécifiquement ciblé. Il ne s’agissait pas, officiellement, d’une frappe ciblée.

Mais la ministre des Armées Florence Parly s’est tout de même réjoui publiquement de la “mort” de celui qui était considéré comme l’un des principaux responsables de l’enlèvement et de l’assassinat des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon le 2 novembre 2013 près de Kidal.”Le chef djihadiste qui avait orchestré leur enlèvement et leur assassinat, vient d’être tué par la force Barkhane“, s’est-elle félicité (son discours 2021 06 11 Allocution ministre concernant la neutralisation de Baye Ag Bakabo – 11 juin 2021). “Sa neutralisation met fin à une longue attente” a-t-elle ajouté, le 11 juin, soit quelques jours après l’annonce, par le président Macron, de la fin de l’opération Barkhane dans sa forme actuelle.

Près de 7 ans après le début de cette opération, l’Elysée hésitait depuis plusieurs mois sur la conduite à tenir. Mais le deuxième coup d’état militaire au Mali, la faiblesse du soutien international et la dégradation de la situation sécuritaire ont finalement précipité cette décision, qui ne met, cependant, pas fin aux opérations militaires françaises au Sahel. L’heure est simplement venue, aux yeux de Paris, de faire évoluer le dispositif, devenu trop lourd, trop coûteux, trop français, malgré la montée en puissance sur place du groupement européen des forces spéciales Takuba.

L’annonce publique de la neutralisation de Bakabo sonne comme un rappel: “Cette opération est le reflet de la priorité de la France au Sahel : combattre et faire tomber les chefs des groupes terroristes qui sévissent dans la région” a rappelé Florence Parly. Autrement dit: la chasse aux High Value Targets (HVT), la traque des chefs, va se poursuivre, comme elle n’a pas cessé depuis 2013, comme je l’ai raconté dans le détail dans “Les tueurs de la République”. Les forces spéciales et la DGSE vont continuer de détecter et de frapper les têtes des organisations ennemie, de manière toujours ciblée, et de manière encore plus discrète.

Bakabo faisait partie des “HVT” traqué depuis des années, sur la “kill list” de François Hollande depuis la mort des journalistes de RFI en novembre 2013, avec les autres assassins présumés et commanditaires de ces meurtres. D’après des notes déclassifiées de la DGSE, les quatre présumés ravisseurs des journalistes avaient été identifiés très tôt: outre le chef Baye Ag Bakabo, propriétaire du pick-up ayant servi aux ravisseurs, figuraient trois complices, Hamadi Ag Mohammed, Al Hassan Ag Toukassa et Mahmoud Ag Mohammed Lamine Fall.

Selon la DGSE, Bakabo était proche d’Abdelkrim El-Targui, un leader d’AQMI, et aussi membre de la petite katiba Youssef Bin Tachfin (YBT) affiliée à AQMI, dirigée par son ami Sidan Ag Hitta – lequel avait revendiqué la mort de l’otage français Philippe Verdon. La DGSE connaissait bien Bakabo, pour l’avoir débriefé en mars 2013 à Kidal comme un ancien membre du groupe Ansar Dine. Elle comptait visiblement le revoir pour obtenir d’autres renseignements. Mais Bakabo leur a échappé. Et le rapt organisé des journalistes, commandité par son mentor Abdelkrim El-Targui, aurait mal tourné.

Depuis fin 2013, la DGSE et les états-majors pourchassaient donc ces djihadistes, comme une forme de justice expéditive. Abdelkrim El-Targui (photo ci-contre) a été tué lors d’un raid le 16 mai 2015. Un autre de ses lieutenants, Mohamed Ali Ag Wadoussène, a été également éliminé le 7 juillet 2015. La traque a franchi une nouvelle étape, le 29 janvier 2016, quand Al Hassan Ag Toukassa, un des quatre membres présumés de l’équipage du pick-up, a été tué par des soldats français lors d’un accrochage dans la région de Kidal. Enfin, le 25 mai 2016, le ministère de la Défense a informé les magistrats que les services de renseignements avaient appris « récemment le décès de Mahmoud Ag Mohammed Lamine Fall, qui serait survenu accidentellement au début du mois de mai 2016″. La DGSE évoquait un accident de la route… Bakabo, lui, restait insaisissable, donné parfois pour mort et d’autre fois comme un exécuteur toujours actif pour le compte de groupes djihadistes.

Sa mort bien réelle, le 5 juin 2021, n’a cependant pas apaisé les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, très mobilisés depuis des années pour connaître toute la vérité . Dans une tribune, parue dans le Monde le 22 juin, ils se sont adressés à Florence Parly, s’étonnant des termes employés par elle suite à cette neutralisation (.2021 06 15 Journalistes de RFI tués au Mali _ « No…endions la justice, pas la vengeance »)

Nous attendions la justice, pas la vengeance. Nous attendions la vérité d’un procès, pas l’élimination physique de ce cadre djihadiste […] Nous espérions donc, depuis longtemps, son interpellation, son extradition, sa mise en examen et sa judiciarisation en France. Pas cette élimination, qui laisse derrière elle un océan de questions sans réponse et une quête de la vérité en deuil. Cette« longue attente », nous la vivons donc intensément. Mais elle n’est pas la même que la vôtre.”

 

 

 

 

 

26
Apr
2021
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Idriss Deby, la mort d’un allié de la France, ami de la DGSE

Le président tchadien Idriss Deby est décédé le 20 avril 2021 dans son pays. Officiellement  des suites de blessures “au combat” contre des troupes rebelles qui menaçaient, une fois de plus, de fondre sur la capitale N’Djamena. Venu sur le front conforter son armée, le président, au pouvoir depuis plus de 30 ans, était réputé pour sa combativité. Il a été salué à Paris, comme un “ami courageux” qui a “oeuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies“.

Pour les experts militaires français et les services de renseignement, au premier rang desquels la DGSE, la mort de Deby constitue une perte importante, celle d’un allié de toujours, qui a démontré sa constance contre les dissidences, contre les menaces libyennes venues du Nord et contre les groupes armés terroristes depuis le lancement de l’opération Serval en janvier 2013, devenue l’opération Barkhane en août 2014, avec son QG militaire basé à N’Djamena. Pour cela, la France a longtemps fermé les yeux sur sa dictature, la répression des opposants et les abus de pouvoir dont son régime était coutumier.

Mais il faut surtout rappeler à quel point Idriss Deby doit aussi à la France, qui l’a porté au pouvoir en 1990 et qui lui a sauvé la mise à plusieurs reprises, à chaque fois dans des conditions extrêmes, au prix de l’engagement de soldats de l’ombre et de l’appui de la DGSE.

Selon de multiples sources, son arrivée au pouvoir par les armes en décembre 1990 pour remplacer son ancien allié Hissene Habré, devenu son ennemi, a été facilité, voire encouragé, par la DGSE. Hissène Habré, coupables de crimes de guerre et d’alliances trop marquées avec la CIA et les Américains, était devenu infréquentable aux yeux de Paris.

La DGSE a ensuite laissé en place à ses côtés plusieurs officiers, devenus au fil des années, des conseillers influents d’Idriss Deby. La France a maintenu une forte présence militaire au Tchad, dont l’armée est considérée comme une des plus solides, et aussi une des plus téméraires. Des anciens responsables du Service Action m’ont souvent indiqué à quel point les techniques d’assaut militaire tchadiennes – des hordes de pick-ups armés fonçant contre tout ennemi dans le désert – les avaient maintes fois impressionnés, tout comme l’endurance des soldats. Lors de l’opération Serval de 2013, les offensives tchadiennes ont été particulièrement meurtrières contre les groupes djihadistes dans le nord du Mali.

Jouant la carte de la stabilité du régime Deby “à tous prix”, la France a plusieurs fois sauvé la peau de son allié régional. Ce fut le cas en 2006, et une nouvelle fois en février 2008, lorsque les forces spéciales françaises ont été, par exemple, dépêchées auprès du président tchadien qui faisait face à une offensive armée de rebelles. Un soldat d’élite du 1er RPIMa est mort sous les tirs alors qu’il se trouve au Soudan, en route vers le Tchad. Assiégé dans son palais de N’Djamena en compagnie d’un officier de la DGSE – le colonel Jean-Marc Gadoullet, qui l’a raconté dans un livre -, le président Déby n’a du sa survie qu’à l’intervention de quelques chars de son armée et des commandos français. Grâce à l’officier de la DGSE, il a informé Nicolas Sarkozy, qu’il était toujours en vie, alors que l’Elysée et les état-majors militaires le croyaient mort…

Le dernier coup de main de la France a eu lieu en février 2019, comme je l’ai raconté dans Les tueurs de la République. Une cinquantaine de pickups, conduits par 500 rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR) des opposants  venus de Libye, fonçait à toute allure vers N’Djamena pour le renverser. Paris a tout fait pour “sauver le soldat Déby”, trop précieux dans le cadre de l’opération Barkhane. Le principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays africains, promise par Emmanuel Macron, a été enterré. Son Monsieur « Afrique », le diplomate Franck Paris, passé par la DGSE, a plaidé pour une intervention immédiate. L’Elysée a décidé, le dimanche 3 février 2019, de déclencher une opération militaire d’envergure afin de stopper net le convoi d’opposants à Déby. Pas moins de 7 Mirage ont décollé de N’Djamena, accompagnés d’un drone Reaper, d’un avion de reconnaissance et de trois C-135. Les chasseurs français ont repéré; puis détruit une vingtaine de pickups, au nord-est du Tchad, avant que le reste de la colonne rebelle se disperse. «  Nous avons empêché que des groupes armés ne s’emparent d’un territoire, comme cela s’était produit en janvier 2013 au Mali et qu’un partenaire militaire essentiel dans la lutte contre le terrorisme ne soit déstabilisé», s’est ensuite félicité la ministre des Armées, Florence Parly.

 

Selon plusieurs sources militaires, la mort “au combat” d’Idriss Déby le 20 avril a surpris tout le monde et menace désormais d’instabilité le régime tchadien, ainsi que la région. Dès l’annonce de ce décès, dont les conditions demeurent obscures, Paris a soutenu discrètement la solution d’une junte militaire de transition, dirigée par le fils d’Idriss Déby. Car la France ne peut se permettre de perdre cet allié, pion important de son influence au sud du Sahara.

 

7
Mar
2021
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Derrière la Main rouge, les tueurs de la République du SDECE

Dans son émission diffusée le 3/3/21 sur Radio Classique sur la Main Rouge, faux-nez du SDECE pour des assassinats ciblés durant la guerre d’Algérie, Franck Ferrand cite plusieurs fois mon livre “Les tueurs de la République” reparu chez Fayard fin 2020, dans lequel je détaille les opérations “homo” des services secrets de cette période, avec les témoignages de plusieurs tueurs, dont Tony, un ancien flic, et Daniel, un réserviste du Service Action , que j’avais pu rencontrer.

Une émission à écouter ici.

 

6
Oct
2020
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Roissy : dans les coulisses de la sécurité

L’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle: le premier aéroport du continent européen vit au rythme ralenti de la crise sanitaire et d’un trafic réduit de voyageurs. Mais les agents chargés de sa sécurité veillent toujours au grain: policiers de la PAF, gendarmes, douaniers restent sur le pont. Pendant plusieurs mois, j’ai pu suivre, avec mon ami photographe Bernard Sidler, leurs activités. Ce reportage est paru dans le Figaro Magazine du 2 octobre. A découvrir ici ROISSY

Voici la présentation de cet article.

ROISSY : LES COULISSES DE LA SECURITE

Malgré la crise sanitaire qui a réduit le trafic des passagers à Roissy-Charles de Gaulle, la sécurité de l’aéroport demeure une mission sensible. Surveillance de la plateforme, sécurisation des arrivées massives de masques de Chine, contrôle de l’immigration illégale, lutte contre la fraude et les trafics, prévention antiterroriste. Dans un contexte singulier, le Figaro Magazine a pu suivre en exclusivité ces derniers mois le travail des policiers, gendarmes et douaniers.

30
Sep
2020
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“Les tueurs de la République”: des documents inédits sur les opérations “Homo”

Dans la nouvelle édition de mon livre les Tueurs de la République (Fayard), en librairie le 30 septembre, je révèle notamment des documents d’archives qui confirment l’existence d’une politique d’assassinats ciblés, décidée au plus haut niveau de l’Etat dans la période de la guerre d’Algérie – essentiellement de 1956 à 1962.

Le Monde du 25 septembre a rendu compte en partie du contenu de certains de ces documents révélés par mon livre, qui contient des copies de quelques pages de ces archives. J’y consacre aussi un long passage dans le chapitre sur la guerre d’Algérie, pour une remise en perspective et des explications.

Il s’agit de documents exceptionnels, que j’ai trouvés dans les archives de Jacques Foccart, éminence grise de De Gaulle, conseiller aux affaires africaines et tuteur des services secrets français, le SDECE (ancêtre de l’actuelle DGSE). Deux petits extraits de ces archives avaient été exposés, en partie masqués, au Musée de l’armée fin 2016. J’ai pu accéder à l’ensemble des documents se référant à ce sujet et à quelques autres qui éclairent, de manière précise, à la mi-1958, la chaîne de commandement concernant des éliminations et le bilan des opérations de sabotage et d’assassinats menées par le SDECE depuis 1956.

-L’un de ces documents est particulièrement intéressant, puisqu’il est titré “Fiche concernant les objectifs ‘Homo’”. C’est la première fois, à ma connaissance, que le terme officieux désignant des opérations “Homo”, pour homicides, apparaît en toutes lettres dans un document d’archives accessible. Cette “fiche”, datée du 5 août 1958, dresse la liste des personnes à éliminer. Sans cesse actualisée, elle comporte, à cette date, neuf noms classés en trois groupes : la catégorie « trafiquant », la plus fournie avec six noms; une catégorie « politiques » avec deux noms ; et une catégorie « Français pro-FLN » avec un seul nom. L’existence de cette catégorie prouve que le pouvoir est prêt à enfreindre toutes les règles, y compris en assassinant des « Français ».

 

Le document a été envoyé à Jacques Foccart, qui vient d’arriver, aux côtés du général De Gaulle, à la présidence du Conseil, c’est-à-dire à Matignon, après sa nomination en mai 1958 en pleine crise algérienne. Le conseiller Foccart valide cette liste, qui a été enrichie et corrigée plusieurs fois, avant d’être transmise au directeur du Sdece, le général Grossin, pour action. La signature de Foccart est visible à l’encre bleue, ce qui signifie que le “permis de tuer” est donné au plus haut sommet de l’Etat.

 

-Un autre document donne une vision rétrospective plus large des opérations “Arma” (sabotages) et “Homo (assassinats) réalisées par le Sdece entre janvier 1956 et le printemps 1958. Destructions de cargos, de voitures, de casernes ou de fabriques d’armes, attentats contre des postes radio, incendie d’imprimeries, bombardements nocturnes de camps d’entraînement du FLN, assassinats à l’explosif ou à l’arme silencieuse : tout y passe dans ce document de six pages, qui détaille, pour chaque opération, le “but à atteindre, le “lieu, la “date”, “le montage”, la réalisation”.

Au total, 38 opérations passées sont répertoriées ainsi que 9 en préparation. Point important: sur les 38 opérations, 17 seulement ont réussi, 4 ont échoué et 17 ont été annulées, dont 8 par “ordre supérieur”. Le Sdece subit de nombreux aléas, défaillances et des contre-ordres. Car jusqu’au dernier moment, toutes ces opérations demeurent conditionnées à un ultime feu vert de la direction du Sdece, voire du gouvernement. C’est notamment le cas de 2 opérations annulées in extremis, notamment en juillet 1956 pour éliminer le leader du FLN Ahmed Ben Bella et en décembre 1956 pour tuer le leader égyptien Nasser

 

Recevant ce bilan établi probablement fin août 1958, Jacques Foccart ne semble pas très satisfait des résultats du Sdece, qu’il souhaite réformer, ainsi que l’ensemble de la politique de renseignement. Il va s’employer à reprendre rapidement en main le service et ses opérations. Les années suivantes, avec la guerre d’Algérie qui se poursuit, le pouvoir gaulliste va même passer la vitesse supérieure en termes d’assassinats ciblés: selon l’ancien conseiller de Michel Debré à Matignon Constantin Melnik, pour la seule année 1960, il y aurait eu au moins 140 opérations Homo...

Plus de détails, le récit complet, les documents sont à découvrir dans le livre.

25
Sep
2020
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“Les tueurs de la République”, réédition et nouvelles révélations

Le 30 septembre sortira en librairie la nouvelle édition augmentée de mon livre “Les tueurs de la République” (Fayard). La première édition, parue en janvier 2015, contenait déjà pas mal de révélations sur les assassinats ciblés et autres opérations menées par la France depuis 1958, et notamment plus récemment par François Hollande.

Depuis cette première édition, qui avait surpris beaucoup de monde, j’ai complété l’enquête, découvert certains épisodes, collecté de nouveaux documents inédits, rencontré de nouveaux témoins (notamment des anciens agents du SDECE et de la DGSE, mais aussi des membres des états-majors, des entourages présidentiels, de la défense, etc).

J’ai aussi poursuivi mon enquête, parce que l’actualité a été très dense depuis 2015, notamment du fait de la multiplication des attentats terroristes, de la guerre en Syrie-Irak contre l’Etat islamique, de la dégradation de la situation au Sahel. Et après que François Hollande ait confirmé et donné des précisions sur certaines opérations d’assassinats ciblés qu’il a reconnu avoir ordonnées, j’ai aussi voulu savoir si son successeur suivait ses traces

Cela donne une réédition dense, augmentée de 200 pages supplémentaires (560 au total!), nourri de nouvelles révélations, notamment sur la période Hollande et Macron, mais aussi sur des archives inédites du SDECE, dont je publie des extraits en annexe de mon livre, aux côtés d’autres documents sur le sujet.

Dans le Figaro Magazine du 25-26 septembre, je publie un article titré “Comment Macron mène ses guerres secrètes” actualisé et adapté du dernier chapitre de ma réédition, où je le présente, enquête à l’appui, comme “Macron, l’exécuteur“, aussi implacable, si ce n’est plus encore, que son prédécesseur. Cet article s’insère dans un dossier sur les “soldats de l’ombre” centré sur les forces spéciales et la DGSE.

Dans ce dossier, figurent également des extraits d’un livre paru ces jours-ci du général Christophe Gomart, ancien patron du COS (opérations spéciales) et de la DRM (renseignement militaire), “Soldat de l’ombre”, qu’il a écrit avec mon confrère Jean Guisnel.

Il y dévoile des frictions vives entre le COS et le Service Action de la DGSE, sur lequel il tire à boulets rouges. Il remet à jour un vieux conflit larvé, dont je parle longuement dans mon livre, et cela risque de provoquer, outre des crispations à la DGSE, quelques remous. Je reparlerais de ce sujet sensible.

 

Le Monde daté du 26 septembre publie, quant à lui, un article de mon confrère Jacques Follorou, qui met en avant certaines des révélations de ma réédition, en l’occurrence  plusieurs documents du SDECE datés de 1958 sur les assassinats ciblés décidés par la France, qui ciblaient notamment des citoyens français

J’y reviendrais également plus en détails. Notamment ici.

Et pour mémoire, revoir l’interview que j’avais donnée en janvier 2015 à France 2, sur Télématin, suite à la sortie de ma première édition.