8
Sep
2021
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8 septembre, jour J pour le procès des attentats du 13/11/15, premières impressions

Il y avait forte affluence au Palais de Justice de l’île de la Cité à Paris pour le premier jour du procès des attentats du 13 novembre 2015. Avec plus de 1800 parties civiles, 330 avocats, 9 mois d’audience, 20 accusés, et près d’un millier de journalistes accrédités, il s’agit bien d’un procès démesuré, à l’échelle de la tragédie endurée par les 131 victimes, leurs familles, les centaines de blessés, leurs proches et le pays tout entier.

La sécurité est maximale, avec un périmètre sanctuarisé, 12 portiques de contrôle comme dans un aéroport, des gendarmes partout, des convois pénitentiaires ultraprotégés. L’organisation de ce procès a été conçue de longue date par la Cour d’appel de Paris (en charge des procès d’assises) depuis plus de deux ans, avec la construction d’une salle spéciale, un dispositif de webradio pour les parties civiles qui ne peuvent se déplacer, des réunions multiples avec les différents partenaires (associations, avocats, journalistes), des tests des circuits de circulation dans le palais.

“Nous sommes des parties civiles chanceux”, a estimé, en ce premier jour, Arthur Dénouveaux, président de LifeforParis (de dos sur la photo ci-dessous) une des deux principales associations de victimes du 13/11. Bien sûr, il y a eu quelques petits bugs, avec une régie technique qui se teste, des micros pas toujours branchés, un wifi défaillant, des parties civiles sans leur accès dédié webradio, des consignes parfois contradictoires.

Mais, dans l’ensemble, le dispositif fonctionne. Il y avait, ce 8 septembre, plus de médias que de parties civiles, lesquelles avaient été dissuadées par la Cour d’appel et leurs avocats de se présenter dès l’ouverture, les premiers jours étant surtout dédiés à la mise en place de la procédure, l’appel des témoins et des parties civiles (déjà constituées ou en cours), la vérification des identités. Le procès va réellement, sur le fond, débuter vendredi 10 septembre avec l’exposé complet du dossier, puis lundi par les témoignages des policiers de la Sous-direction antiterroriste de la PJ et mardi par celui d’Isabelle Panou, la juge en charge du volet belge de cette instruction à Bruxelles.

Le président de la cour d’assises, Jean-Louis Périès, a débuté son pilotage avec assurance, bienveillance et une fermeté nette, notamment quand l”accusé Salah Abdeslam, qui s’est présenté comme “un combattant de l’Etat islamique”, a commencé par dire qu’il “n’était point de divinité hors d’Allah”. “Ca sera discuté plus tard” a tranché le président, visiblement peu dupe de cette posture. Les premiers mots du seul survivant des commandos du 13 novembre ne surprennent pas. C’est comme cela qu’il s’était aussi présenté face aux juges d’instruction français en 2018, ainsi que devant le tribunal de Bruxelles la même année lors d’un premier procès pour la fusillade de Forest, avant de se murer dans le silence. Provocation? Message idéologique à ses complices et à l’Etat islamique? Sans doute un peu des deux.

Mais ce n’est pas que veulent retenir les associations de victimes, d’autant que cet accusé, dont les foucades sont déjà trop médiatisées, n’est pas forcément le plus important parmi les 14 qui comparaissent. “Peu nous importe ce que disent Salah Abdeslam ou les autres, on ne va pas se traîner à leurs pieds”, a confié Philippe Duperron, président de 13Onze15 Fraternite & Vérité. “L’essentiel est de démontrer que la justice va passer”, a ajouté Arthur Dénouveaux. La dignité des propos est exemplaire.

Le président Jean-Louis Périès a d’ailleurs pris soin de préciser d’entrée que, s’il s’agit bien d’un procès historique et hors-normes, il doit justement respecter “toutes les normes” judiciaires. Une justice normale pour des faits exceptionnellement graves: ce pourrait être la démonstration de la supériorité du droit et de la démocratie sur la barbarie.

 

PS: Nous étions présents à ce premier jour d’audience, avec le réalisateur Théo Ivanez, et l’ingénieur du son Benjamin Haïm,

-dans la suite du documentaire “13 novembre l’audience est ouverte”, cosigné avec Theo Ivanez, qui a été diffusé sur France 5 le 5/9 et toujours disponible en replay sur france-tv.fr

-Et aussi pour clore le tournage du 5ème et dernier épisode de la série “V13” qui sera diffusée (5×52) sur LCP dans la semaine du 27/9, et qui est une version longue et très enrichie du film pour France 5.

6
Sep
2021
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“13 novembre, l’audience est ouverte” dans les médias et replay

Notre film “13 novembre, l’audience est ouverte”, diffusé sur France 5 le 5/9/21 dans le cadre de l’émission Le monde en face, est disponible en replay sur la site de francetv.fr via ce lien

Quelques réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux

-Le président de l’association LifeforParis, Arthur Dénouveaux, a conseillé ce film:

“Tout sur le procès”

-L’association de victimes 13Onze13 Fraternité & Vérité  a recommandé ce “documentaire intéressant et pédagogique sur le procès à venir“. Son président Philippe Duperron nous a envoyé un message: “Merci pour ce très beau travail”

L’observatoire citoyen des droits des victimes (OCDV) en parle ainsi:

“Un travail riche et une approche si juste des attentes des victimes et du travail des magistrats et avocats. Des paroles pour apprendre et comprendre”

France Inter  l‘a retenu dans sa sélection des livres, docu, podcasts à lire, voir, écouter avant le procès

“Acteurs du monde judiciaire et victimes racontent comment ils se préparent à ce procès hors normes”

Télé7 jours a aussi présenté le film

“Un documentaire fort, digne, et extrêmement pédagogue sur les enjeux de ce procès hors nomes”. “Ce documentaire poignant, glaçant, fascinant, retrace, sans voyeurisme aucun, le fil de l’enquête tentaculaire et met en perspective les attentes des victimes et des familles

Télérama a “beaucoup aimé” et le place dans la sélection des rendez-vous télé de la semaine

“Des familles de victimes, des rescapés, des juges d’instruction racontent leur quête de vérité et de justice”

-L’Obs, dans son supplément télé, dans un article signé de Mathieu Delahousse, décrit le contenu du film qui “retrace la complexe odyssée d’une affaire hors-normes

“Le point de vue [des victimes] complète à merveille ceux qui, des magistrats, des avocats, des présidents d’associations, des chefs de juridiction et même du président de la République de l’époque, François Hollande, expriment ici leur sentiment, définissent chacun leur rôle dans la construction de cette affaire exceptionnelle”

La Croix a consacré un grand article à ce “docu au coeur de l’enquête

“C’est ce procès à venir que raconte cette enquête très documentée, signée Théo Ivanez et Vincent Nouzille. Pédagogique, précis, le film raconte aussi les six années d’enquête conduite par les juges et policiers français et belges pour disséquer tous les rouages de ces attentats et ses commanditaires. […]au-delà des mots bouleversants des victimes, le grand mérite de ce documentaire est d’entrer dans les coulisses de cette enquête. En faisant raconter aux magistrats de l’antiterrorisme, à la parole publique souvent rare, cette longue traque ayant permis la tenue de ce procès hors norme.”

-Le Figaro a présenté le film qui “dégage les enjeux de l’affaire

“A travers les témoignages des rescapés ou de leurs proches, il apparaît qu’il n’y a pas une seule façon  de faire son deuil ou d’appréhender le face à face avec les 14 accusés présents”

-La Vie en a parlé ainsi:

“France 5 livre un documentaire exceptionnel qui met à la fois en avant le travail vertigineux des centaines d’avocats et d’enquêteurs qui animeront les huit mois de pro- cès, la collaboration entre la France et la Belgique, mais aussi la création de cette immense salle d’audience au cœur du palais de justice de Paris, construite spécialement pour les événements. Ce film donne des clés indispensables pour appréhender L F LR et éviter un procès uniquement cathartique et émotionnel.”

-Le Figaro Magazine a trouvé le film “remarquable

“Quand la télévision propose de programmes de cette qualité, elel est à son meilleur. On ne peut que s’incliner et remercier” […] “magistrats, avocats de parties civiles et des accusés, politiques, victimes; tous témoignent avec une sobriété, une ferveur, une dignité qui les honorent. C’est passionnant, c’est poignant”

-TéléLoisirs l’a recommandé: “à voir pour l’émotion des intervenants

“Victimes, familles, magistrats y expriment avec forme leur quête de vérité et de justice”

Soren Seelow, journaliste au Monde, spécialiste du terrorisme, a tweeté:

“Le documentaire sur le procès des attentats du #13Novembre de @vincentnouzille

et @TheoIvanez  est d’une grande élégance et remarquable de justesse. A voir”

4
Sep
2021
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“13 novembre, l’audience est ouverte”: avant-première le 3/9/21

Le film documentaire que je so-signe avec le réalisateur Théo Ivanez, intitulé “13 novembre: l’audience est ouverte” sera diffusé le 5 septembre 2021 sur France 5 dans l’émission “Le monde en face” à 21h, présentée par Mélanie Taravant.

Le film retrace tout ce qui s’est passé, côté justice, depuis les attentats du 13 novembre 2015, jusqu’à la veille du procès historique, qui va s’ouvrir le 8 septembre à Paris.

Plus d’informations sur le film ici et

Pour voir le film sur la plate-forme francetv, c’est ici.

L’avant-première du film, qui s’est tenue à la Maison du Barreau, à Paris, le 3 septembre, a permis de retrouver beaucoup de participants du film, notamment victimes, associations, avocats, policiers belges, magistrats, dont le premier juge d’instruction saisi Christophe Teissier, le Procureur général de la cour de Cassation François Molins, le Procureur national antiterroriste Jean-François Ricard et le procureur général de la Cour d’appel, en charge de l’organisation du procès, ainsi que Bernard Cazeneuve. Avec des échanges riches et émouvants sur le film avec les victimes, après la projection.

 

 

31
Aug
2021
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“13 novembre l’audience est ouverte”, la bande-annonce du film (diffusion le 5/9/21) sur France 5

Le film documentaire que je so-signe avec le réalisateur Théo Ivanez, intitulé “13 novembre: l’audience est ouverte” sera diffusé le 5 septembre 2021 sur France 5 dans l’émission “Le monde en face” à 21h, présentée par Mélanie Taravant.

Le film retrace tout ce qui s’est passé, côté justice, depuis les attentats du 13 novembre 2015, jusqu’à la veille du procès historique, qui va s’ouvrir le 8 septembre à Paris.

La bande annonce de France 5 ici et ci-dessous.

 

Plus d’informations sur le film ici et

 

18
Aug
2021
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“13 novembre: l’audience est ouverte”, film sur France 5 le 5/9/21

Le film documentaire que je so-signe avec le réalisateur Théo Ivanez, intitulé “13 novembre: l’audience est ouverte” sera diffusé le 5 septembre 2021 sur France 5 dans l’émission “Le monde en face” à 21h.

Le film retrace tout ce qui s’est passé, côté justice, depuis les attentats du 13 novembre 2015, jusqu’à la veille du procès historique, qui va s’ouvrir le 8 septembre à Paris.

Initié il y a plus de deux ans, ce projet nous a permis de rencontrer tous les acteurs de la chaîne judiciaire et de suivre les préparatifs, du bureau des juges d’instruction à la construction de la salle d’audience spéciale, en passant par la préparation des victimes, des associations, des avocats et des défenseurs des accusés. Un projet au long cours, passionnant et émouvant, qui nous a mobilisés à temps plein ces derniers mois, tant pour les tournages que pour le montage. D’autant que ce film de 1h 43′ fait aussi l’objet d’une version longue complémentaire, sous forme de série documentaire de 5 épisodes de 52′, titré “V13”, et qui sera diffusée, quant à elle, dans quelques semaines sur la chaîne LCP.

La présentation du film “13 novembre: l’audience est ouverte”

“Pour la première fois, victimes, familles, policiers, procureurs, juges et avocats racontent leur quête de vérité et de justice, de la nuit des attentats du 13 novembre 2015 jusqu’aux derniers préparatifs du procès qui s’ouvre le 8 septembre. Depuis presque six ans, la justice s’est mise en marche pour enquêter, interpeller des suspects, remonter les pistes, de Paris jusqu’à Raqqa, et organiser le plus grand procès de terrorisme que la France n’ait jamais connu. Une étape redoutée par les victimes et un enjeu majeur pour la démocratie”

Et le premier teaser du film, sur France 5

 

 

 

22
Jul
2021
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Les tueurs de la République, disponible sur audiolib

Le nouvelle édition de mon livre “les tueurs de la République”, parue fin 2020, avec de nombreuses révélations et des documents inédits, est désormais disponible – depuis e 21/7) sur la plateforme de livres audio, Audiolib. Le texte du livre (plus de 550 pages) est lu avec force et tonicité par François Berland. Une prouesse. Cela représente 14 heures de lecture!

A découvrir, à écouter, à télécharger sans modération sur le site d’Audiolib

https://www.audiolib.fr/livre/les-tueurs-de-la-republique-9791035406080/

 

Voici la présentation du livre

Vincent Nouzille nous livre une formidable enquête aux airs de thriller qui retrace l’histoire de ces « tueurs de la République ».

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la République : en son nom et sur ordre des plus hautes autorités, des tueurs sont disponibles à tout moment pour éliminer des personnes jugées dangereuses pour la sécurité nationale ou conduire des guerres secrètes contre des ennemis présumés. Les présidents successifs de la Ve République, de De Gaulle à Macron, ont, chacun à leur manière, recouru à ce type d’actions, même s’ils s’en sont défendus. Pour ce faire, la DGSE dispose de son Service Action et, en marge de celui-ci, d’une cellule clandestine dont ce livre retrace l’histoire.

Depuis la parution début 2015 de la première édition des Tueurs de la République, de nouveaux témoignages et documents sont venus enrichir l’enquête. François Hollande a lui-même confirmé des informations dévoilées dans le livre. Des acteurs clés de ces opérations, qu’ils soient des agents de terrain ou de hauts responsables, ont donné à l’auteur des détails sur certains épisodes et révélé de nouveaux pans de ces actions secrètes. Quant au président Emmanuel Macron, il a pris le relais de François Hollande sur ces sujets sensibles avec une attitude plus implacable encore.

Cette nouvelle édition largement augmentée nous révèle comment sont décidées ces opérations d’éliminations, comment elles se déroulent et qui elles visent. Vincent Nouzille, journaliste indépendant, a recueilli des témoignages exclusifs et des documents inédits.

 

25
Jun
2021
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Journalistes de RFI et Bakabo: la vengeance française en question

Le 5 juin 2021, des commandos des forces spéciales françaises ont mené une opération contre un groupe affilié à Al Qaïda au Maghreb Islamique, mené par Baye ag Bakabo et ses hommes alors qu’ils devaient attaquer la base de la Mission des Nations unies (Minusma) à Aguelhok. Selon Paris, le dénommé Bakabo, mort lors de cette opération avec 3 autres djihadistes, n’était pas spécifiquement ciblé. Il ne s’agissait pas, officiellement, d’une frappe ciblée.

Mais la ministre des Armées Florence Parly s’est tout de même réjoui publiquement de la “mort” de celui qui était considéré comme l’un des principaux responsables de l’enlèvement et de l’assassinat des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon le 2 novembre 2013 près de Kidal.”Le chef djihadiste qui avait orchestré leur enlèvement et leur assassinat, vient d’être tué par la force Barkhane“, s’est-elle félicité (son discours 2021 06 11 Allocution ministre concernant la neutralisation de Baye Ag Bakabo – 11 juin 2021). “Sa neutralisation met fin à une longue attente” a-t-elle ajouté, le 11 juin, soit quelques jours après l’annonce, par le président Macron, de la fin de l’opération Barkhane dans sa forme actuelle.

Près de 7 ans après le début de cette opération, l’Elysée hésitait depuis plusieurs mois sur la conduite à tenir. Mais le deuxième coup d’état militaire au Mali, la faiblesse du soutien international et la dégradation de la situation sécuritaire ont finalement précipité cette décision, qui ne met, cependant, pas fin aux opérations militaires françaises au Sahel. L’heure est simplement venue, aux yeux de Paris, de faire évoluer le dispositif, devenu trop lourd, trop coûteux, trop français, malgré la montée en puissance sur place du groupement européen des forces spéciales Takuba.

L’annonce publique de la neutralisation de Bakabo sonne comme un rappel: “Cette opération est le reflet de la priorité de la France au Sahel : combattre et faire tomber les chefs des groupes terroristes qui sévissent dans la région” a rappelé Florence Parly. Autrement dit: la chasse aux High Value Targets (HVT), la traque des chefs, va se poursuivre, comme elle n’a pas cessé depuis 2013, comme je l’ai raconté dans le détail dans “Les tueurs de la République”. Les forces spéciales et la DGSE vont continuer de détecter et de frapper les têtes des organisations ennemie, de manière toujours ciblée, et de manière encore plus discrète.

Bakabo faisait partie des “HVT” traqué depuis des années, sur la “kill list” de François Hollande depuis la mort des journalistes de RFI en novembre 2013, avec les autres assassins présumés et commanditaires de ces meurtres. D’après des notes déclassifiées de la DGSE, les quatre présumés ravisseurs des journalistes avaient été identifiés très tôt: outre le chef Baye Ag Bakabo, propriétaire du pick-up ayant servi aux ravisseurs, figuraient trois complices, Hamadi Ag Mohammed, Al Hassan Ag Toukassa et Mahmoud Ag Mohammed Lamine Fall.

Selon la DGSE, Bakabo était proche d’Abdelkrim El-Targui, un leader d’AQMI, et aussi membre de la petite katiba Youssef Bin Tachfin (YBT) affiliée à AQMI, dirigée par son ami Sidan Ag Hitta – lequel avait revendiqué la mort de l’otage français Philippe Verdon. La DGSE connaissait bien Bakabo, pour l’avoir débriefé en mars 2013 à Kidal comme un ancien membre du groupe Ansar Dine. Elle comptait visiblement le revoir pour obtenir d’autres renseignements. Mais Bakabo leur a échappé. Et le rapt organisé des journalistes, commandité par son mentor Abdelkrim El-Targui, aurait mal tourné.

Depuis fin 2013, la DGSE et les états-majors pourchassaient donc ces djihadistes, comme une forme de justice expéditive. Abdelkrim El-Targui (photo ci-contre) a été tué lors d’un raid le 16 mai 2015. Un autre de ses lieutenants, Mohamed Ali Ag Wadoussène, a été également éliminé le 7 juillet 2015. La traque a franchi une nouvelle étape, le 29 janvier 2016, quand Al Hassan Ag Toukassa, un des quatre membres présumés de l’équipage du pick-up, a été tué par des soldats français lors d’un accrochage dans la région de Kidal. Enfin, le 25 mai 2016, le ministère de la Défense a informé les magistrats que les services de renseignements avaient appris « récemment le décès de Mahmoud Ag Mohammed Lamine Fall, qui serait survenu accidentellement au début du mois de mai 2016″. La DGSE évoquait un accident de la route… Bakabo, lui, restait insaisissable, donné parfois pour mort et d’autre fois comme un exécuteur toujours actif pour le compte de groupes djihadistes.

Sa mort bien réelle, le 5 juin 2021, n’a cependant pas apaisé les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, très mobilisés depuis des années pour connaître toute la vérité . Dans une tribune, parue dans le Monde le 22 juin, ils se sont adressés à Florence Parly, s’étonnant des termes employés par elle suite à cette neutralisation (.2021 06 15 Journalistes de RFI tués au Mali _ « No…endions la justice, pas la vengeance »)

Nous attendions la justice, pas la vengeance. Nous attendions la vérité d’un procès, pas l’élimination physique de ce cadre djihadiste […] Nous espérions donc, depuis longtemps, son interpellation, son extradition, sa mise en examen et sa judiciarisation en France. Pas cette élimination, qui laisse derrière elle un océan de questions sans réponse et une quête de la vérité en deuil. Cette« longue attente », nous la vivons donc intensément. Mais elle n’est pas la même que la vôtre.”

 

 

 

 

 

26
Apr
2021
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Idriss Deby, la mort d’un allié de la France, ami de la DGSE

Le président tchadien Idriss Deby est décédé le 20 avril 2021 dans son pays. Officiellement  des suites de blessures “au combat” contre des troupes rebelles qui menaçaient, une fois de plus, de fondre sur la capitale N’Djamena. Venu sur le front conforter son armée, le président, au pouvoir depuis plus de 30 ans, était réputé pour sa combativité. Il a été salué à Paris, comme un “ami courageux” qui a “oeuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies“.

Pour les experts militaires français et les services de renseignement, au premier rang desquels la DGSE, la mort de Deby constitue une perte importante, celle d’un allié de toujours, qui a démontré sa constance contre les dissidences, contre les menaces libyennes venues du Nord et contre les groupes armés terroristes depuis le lancement de l’opération Serval en janvier 2013, devenue l’opération Barkhane en août 2014, avec son QG militaire basé à N’Djamena. Pour cela, la France a longtemps fermé les yeux sur sa dictature, la répression des opposants et les abus de pouvoir dont son régime était coutumier.

Mais il faut surtout rappeler à quel point Idriss Deby doit aussi à la France, qui l’a porté au pouvoir en 1990 et qui lui a sauvé la mise à plusieurs reprises, à chaque fois dans des conditions extrêmes, au prix de l’engagement de soldats de l’ombre et de l’appui de la DGSE.

Selon de multiples sources, son arrivée au pouvoir par les armes en décembre 1990 pour remplacer son ancien allié Hissene Habré, devenu son ennemi, a été facilité, voire encouragé, par la DGSE. Hissène Habré, coupables de crimes de guerre et d’alliances trop marquées avec la CIA et les Américains, était devenu infréquentable aux yeux de Paris.

La DGSE a ensuite laissé en place à ses côtés plusieurs officiers, devenus au fil des années, des conseillers influents d’Idriss Deby. La France a maintenu une forte présence militaire au Tchad, dont l’armée est considérée comme une des plus solides, et aussi une des plus téméraires. Des anciens responsables du Service Action m’ont souvent indiqué à quel point les techniques d’assaut militaire tchadiennes – des hordes de pick-ups armés fonçant contre tout ennemi dans le désert – les avaient maintes fois impressionnés, tout comme l’endurance des soldats. Lors de l’opération Serval de 2013, les offensives tchadiennes ont été particulièrement meurtrières contre les groupes djihadistes dans le nord du Mali.

Jouant la carte de la stabilité du régime Deby “à tous prix”, la France a plusieurs fois sauvé la peau de son allié régional. Ce fut le cas en 2006, et une nouvelle fois en février 2008, lorsque les forces spéciales françaises ont été, par exemple, dépêchées auprès du président tchadien qui faisait face à une offensive armée de rebelles. Un soldat d’élite du 1er RPIMa est mort sous les tirs alors qu’il se trouve au Soudan, en route vers le Tchad. Assiégé dans son palais de N’Djamena en compagnie d’un officier de la DGSE – le colonel Jean-Marc Gadoullet, qui l’a raconté dans un livre -, le président Déby n’a du sa survie qu’à l’intervention de quelques chars de son armée et des commandos français. Grâce à l’officier de la DGSE, il a informé Nicolas Sarkozy, qu’il était toujours en vie, alors que l’Elysée et les état-majors militaires le croyaient mort…

Le dernier coup de main de la France a eu lieu en février 2019, comme je l’ai raconté dans Les tueurs de la République. Une cinquantaine de pickups, conduits par 500 rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR) des opposants  venus de Libye, fonçait à toute allure vers N’Djamena pour le renverser. Paris a tout fait pour “sauver le soldat Déby”, trop précieux dans le cadre de l’opération Barkhane. Le principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays africains, promise par Emmanuel Macron, a été enterré. Son Monsieur « Afrique », le diplomate Franck Paris, passé par la DGSE, a plaidé pour une intervention immédiate. L’Elysée a décidé, le dimanche 3 février 2019, de déclencher une opération militaire d’envergure afin de stopper net le convoi d’opposants à Déby. Pas moins de 7 Mirage ont décollé de N’Djamena, accompagnés d’un drone Reaper, d’un avion de reconnaissance et de trois C-135. Les chasseurs français ont repéré; puis détruit une vingtaine de pickups, au nord-est du Tchad, avant que le reste de la colonne rebelle se disperse. «  Nous avons empêché que des groupes armés ne s’emparent d’un territoire, comme cela s’était produit en janvier 2013 au Mali et qu’un partenaire militaire essentiel dans la lutte contre le terrorisme ne soit déstabilisé», s’est ensuite félicité la ministre des Armées, Florence Parly.

 

Selon plusieurs sources militaires, la mort “au combat” d’Idriss Déby le 20 avril a surpris tout le monde et menace désormais d’instabilité le régime tchadien, ainsi que la région. Dès l’annonce de ce décès, dont les conditions demeurent obscures, Paris a soutenu discrètement la solution d’une junte militaire de transition, dirigée par le fils d’Idriss Déby. Car la France ne peut se permettre de perdre cet allié, pion important de son influence au sud du Sahara.

 

7
Mar
2021
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Derrière la Main rouge, les tueurs de la République du SDECE

Dans son émission diffusée le 3/3/21 sur Radio Classique sur la Main Rouge, faux-nez du SDECE pour des assassinats ciblés durant la guerre d’Algérie, Franck Ferrand cite plusieurs fois mon livre “Les tueurs de la République” reparu chez Fayard fin 2020, dans lequel je détaille les opérations “homo” des services secrets de cette période, avec les témoignages de plusieurs tueurs, dont Tony, un ancien flic, et Daniel, un réserviste du Service Action , que j’avais pu rencontrer.

Une émission à écouter ici.