26
Jun
2017
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Macron l’hyper-président qui verrouille ses réseaux de pouvoir

Dans un dossier publié dans le Figaro Magazine le 23 juin, je décortique les réseaux Macron et la manière dont le nouveau président verrouille ainsi son pouvoir. En réalité, Emmanuel Macron, entouré d’une garde rapprochée de fidèles, d’influents amis dans les affaires et d’énarques qui ont pris les commandes des postes clés, veut tout contrôler, y compris les ministres et les principaux hauts fonctionnaires. Macron est déjà hyper-président, car il veut absolument réussir. La manière jupitérienne dont il a récupéré la mainmise sur le renseignement et le lutte contre le terrorisme, et la façon expéditive dont ont été sortis les ministres Modem gênants à cause de soupçons d’affaires (Bayrou, de Sarnez, Goulard) en dit long sur la méthode. Un de ses amis m’a confié: Macron n’est pas un tendre, il ne fera pas de cadeaux…

à découvrir ici.

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1
Jun
2017
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La France sous-traite-t-elle des exécutions ciblées aux Irakiens?

Une longue enquête parue lundi 29 mai dans le Wall Street Journal avance des faits troublants concernant le mode opératoire des forces françaises opérant en Irak pour traquer et faire exécuter par les Irakiens des djihadistes français combattant dans les rangs de Daesh. Selon le quotidien américain, les forces spéciales françaises auraient des listes de “High value targets” (le WSJ a vu une liste de 27 noms) de personnes que la France cherche en priorité à localiser et éventuellement à neutraliser en Irak. Des renseignements sont transmis aux forces irakiennes sur place, notamment à Mossoul, pour ensuite traquer et procéder à des frappes ou des exécutions.

WSJ 29 mai

Aussitôt publié, cet article a provoqué des démentis officiels. Le ministère de la Défense n’a pas voulu commenté ce type d’informations, précisant juste que les forces françaises en Irak coopéraient avec leurs homologues irakiens et qu’ils ne visaient pas spécifiquement des combattants français, mais des combattants ennemis jugés dangereux. L’état-major des armées a affirmé n’avoir pas connaissance d’une telle liste de 27 noms de djihadistes français qui seraient dans le collimateur des Français.

Mais, selon plusieurs sources militaires et des services de renseignement, ce type de traque des HVT existe bel et bien, que ce soit au Sahel ou au Levant. Officiellement, dans le cadre de l‘opération baptisée Chammal les soldats français ne font que de la formation et du renseignement en Irak, de l’appui d’artillerie et les avions français épaulent les combattants irakiens au sol par des frappes aériennes.

Pourtant, discrètement, les commandos français contribuent à la traque des combattants de Daesh de manière plus active, avec l’aide de leurs outils de renseignements, qu’il s’agisse de drones, d’écoutes radios ou d’interceptions, de photos satellites, de reconnaissance faciale. De manière clandestine, la DGSE est également engagée sur ces zones, et en marge de la zone syro-irakienne, avec des opérations que plusieurs sources qualifient de “combatives”. Des listes des djihadistes français présents sur zone ont été dressées, de manière conjointe par tous les services de renseignements (qui travaillent ensemble sur ce sujet au sein d’une cellule nommée Allât à la DGSI (sécurité intérieure) et au sein de la cellule Hermès (basée au Centre de planification et de conduite des opérations, à l’état-major des armées) qui détermine les objectifs ciblés au Levant.

Comme je l’ai déjà établi, notamment dans “Les Tueurs de la République” et “Erreurs fatales” et dans les documentaires sur les Tueurs de la République, diffusés en mars sur Planète), et expliqué lors d’une récente conférence à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)- dont quelques propos sont repris ici par Ouest-Francela France traque les djihadistes français (et tous ceux qui peuvent s’en prendre à la France) sur ordre express du président Hollande. Celui-ci a donné des consignes d’éradication dès 2013 pour neutraliser les chefs de groupes terroristes au Sahel. Ces consignes ont été étendues à partir de mi-2015 à des djihadistes français (et francophones) certains faisant partie de combattants considérés comme les plus dangereux. Selon le décompte que j’ai pu dresser, au moins une quarantaine de HVT ont ainsi été exécutées entre 2013 et 2016 avec une implication française, directe ou indirecte. Parmi eux, depuis 2015, au moins une dizaine de djihadistes français en Syrie et en Irak, dont la plupart ont été victimes de frappes américaines avalisées par la France, comme ce fut le cas pour Rachid Kassim, djihadiste français tué par un drone américain le 8 février. Il s’agit d’une forme de sous-traitance technique aux Américains, liée aux contraintes de la coalition anti-Daesh, à un partage des rôles, et à la disponibilité de moyens militaires américains (les Américains disposant, comme les Britanniques, de drones armés, contrairement à la France, qui est en retard sur le sujet, comme le souligne un récent rapport sénatorial consultable ici).

Dans ces confidences aux journalistes du Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet (“Un président ne devrait pas dire ça”, octobre 2016), François Hollande avait confirmé l’existence de telles opérations ciblées. Les autres responsables publics sont longtemps restés évasifs sur ce sujet délicat, refusant d’admettre l’existence de frappes nominatives, à la fois pour des raisons juridiques et morales. Mais le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a parfois reconnu leur existence (notamment durant des auditions à l’Assemblée nationale, dont une audition le 12 janvier 2017) tout en précisant que les chefs ennemis n’étaient ciblés selon leur nationalité, mais en tant que combattant sur un théâtre de guerre. Plusieurs de ses proches ont admis que les djihadistes français pouvaient faire partie des cibles, comme combattants ennemis et/ou comme “traîtres”. Le colonel Michel Goya, expert militaire, enfonce le clou sur son blog: “Il faut évidemment profiter de leur présence de la zone de guerre pour éliminer le plus possible de traîtres, si possible physiquement, à défaut en les capturant.” Un propos que les autorités démentent. Mais mollement.

Le porte-parole du nouveau gouvernement, Christophe Castaner, a lui-même expliqué le 31 mai, suite aux révélations du WSJ, que les djihadistes prenaient leurs risques en combattant dans les rangs de Daesh. Selon plusieurs sources militaires françaises et irakiennes, les Irakiens ne font pas dans la dentelle quand ils combattent à Mossoul ou capturent des membres combattants de l’Etat islamique. Selon le WSJ, ils ont parfois carte blanche pour les éliminer de manière discrète.

Voir une interview de Wassim Nasr sur France 24 qui explique bien la problématique de ce sujet.

Lire un article de La Tribune de Genève, avec qui je me suis entretenu. Et une interview sur le site de Causette.

Et voir ci-dessous le sujet au journal de France 2 du 31 mai durant lequel j’interviens brièvement pour donner quelques détails.

Irak : la France traque-t-elle ses jihadistes ?

Post scriptum (9/6): La nouvelle administration Trump ne cache pas non plus son souhait de neutraliser le plus possible de combattants de Daesh pouvant un jour frapper l’Occident. Certains experts, comme le Pr Lorenzo Vidino, de la George Washington University, auditionné le 8 juin au Sénat américain, recommande même cette stratégie “militaire agressive” comme une option sérieuse pour limiter les risques. Objectif: “Prevent foreign fighters from leaving Syria/Iraq. This goal could be better achieved through aggressive military tactics that prevent Daesh fighters from fleeing the battlefields and from sealing Syria and Iraq’s external borders.” (lire son exposé ici)

24
May
2017
1

Macron veut sa cellule antiterroriste à l’Elysée! Gare aux détails!

A l’issue du Conseil de défense et de sécurité qui s’est tenue le 24 mai à l’Elysée dans la foulée des attentats de Manchester, le président de la République a fait savoir qu’il prolongerait l’état d’urgence et qu’il avait également “donné des instructions pour la mise en place du centre de coordination des services engagés dans la lutte contre le terrorisme, dont l’organisation sera arrêtée, sous son autorité, par le Conseil de défense et de sécurité d’ici au 7 juin.

En l’occurrence, Emmanuel Macron fait suite à sa promesse de campagne, durant laquelle il avait évoqué la mise en place d’une “task-force anti-Daech” auprès de lui et un renforcement de la coordination du renseignement. Ces idées salutaires ne sont pas totalement neuves, puisque le rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, rendu public en juillet dernier, recommandait déjà une meilleure coordination et la création d’une Agence nationale de lutte antiterroriste rattachée à l’exécutif (certains voulant la placer près de Matignon, d’autres de l’Elysée). Cette suggestion, répétée en janvier dernier par les auteurs du rapport Georges Fenech et Sébastien Pietrasanta – avait été rapidement écartée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, au motif qu’il ne fallait pas ajouter de nouvelles épaisseurs au plum pudding” du renseignement français. Une manière de botter en touche, alors même que les carences en termes de coordination sont criantes et que les attentats de 2015 ont révélé bien des failles dans le dispositif.

En réalité, comme je  l’ai rappelé dans mon livre “Erreurs fatales”, depuis le début des années quatre-vingts, la nécessité d’une meilleure coordination et d’un véritable pilotage au sommet est apparue à de nombreuses reprises à chaque vague d’attentats, sans que les présidents successifs ne prennent les mesures adéquats. On ne compte plus les rapports d’experts appelant à une réforme profonde allant dans ce sens, notamment en 1995, 2001, 2005, 2008, 2011, 2013, 2015, 2016… Certes, des prémices d’une coordination ont été posées sous l’ère de Nicolas Sarkozy (avec la création d’un poste de Coordonnateur national du renseignement à l’Elysée – malheureusement doté de peu de pouvoirs) et légèrement renforcées sous François Hollande (avec la mise en place de petites cellules opérationnelles interservices anti-Daech, comme Allât à la DGSI et Hermès à l’Etat-major des armées). Mais il reste tout à faire, ou presque, dans ce domaine. Jusqu’à présent, la volonté politique manquait pour aller plus loin.

La forme précise de ce futur “Centre de coordination des services engagés dans la lutte contre le terrorisme” reste encore très floue. Il devrait réunir au moins une centaine d’agents des différents services de renseignements (DGSE, DGSI, DRM, etc) à l’Elysée, mais sous l’autorité de qui? Du Coordonnateur du renseignement (qui ne traite pas que du terrorisme)? Du Chef d’état-major particulier du président (qui traite surtout les volets militaires)? Du secrétaire général de la présidence ou du directeur de cabinet (qui ont d’autres dizaines de dossiers sur les bras)? D’un nouveau patron de la lutte antiterroriste désigné pour l’occasion? Nul ne le sait encore.

Et surtout, la définition de ses missions sera capitale: contrairement à l’expression “anti-Daech” avancée par le candidat Macron, ce centre devrait sans doute se consacrer à l’ensemble des menaces terroristes d’où qu’elles viennent. Mais aura-t-il une mission de renseignement général, ou une visée opérationnelle sur les dossiers chauds, en lien étroit avec les directions de chaque service? Quels seront justement ses rapports avec les différentes structures qui s’occupent déjà d’antiterrorisme, qu’il s’agisse des services de renseignement, du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qui dépend de Matignon, de l’Uclat (l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste) déjà dotée d’une centaine de personnes, logée au sein de la police nationale, de l’EMOPT (l’Etat-major opérationnel de prévention du terrorisme) situé près du ministre de l’Intérieur, ou encore de la PJ (chargée de nombreuses enquêtes antiterroristes) et du Procureur de la république de Paris, qui pilote les procédures judiciaires? Vaste casse-tête en perspective!

Si son principe est justifié, ses missions précises et son fonctionnement se heurtent à de nombreuses questions, et suscitent déjà, en coulisses, de sérieuses réticences, batailles de prés carrés et querelles d’ego. Le diable, en l’occurrence, se niche souvent dans les détails. Pour ne pas rajouter à l’usine à gaz de l’antiterrorisme français, il faudra sans doute regrouper, simplifier, clarifier tous ces points.

Sinon, ce “centre de coordination” pourrait rappeler le cauchemar de ce que fut au début des années 80 la “cellule antiterroriste de l’Elysée” créé de manière improvisée et arbitraire par le président Mitterrand après l’attentat de la rue des Rosiers du 9 août 1982, dont je rappelle, dans “Erreurs fatales”, les funestes dérives: dirigée par le commandant de gendarmerie Christian Prouteau (ci-dessous en photo avec Mitterrand), cette cellule a mené, en effet, ses propres opérations antiterroristes en dépit de toutes les règles de prudence et de légalité. Mal vue par tous les services, elle fut privée de relais utiles et ne coordonna aucune stratégie antiterroriste. Conduite à s’occuper également de la sécurité du Président et de ses proches – dont sa fille cachée Mazarine – elle a vite basculé dans des écoutes illégales tous azimuts, qui ont conduit certains de ses protagonistes devant les tribunaux..”

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Son échec et ses dérapages ont même, sans doute, discrédité pour longtemps toute tentative de coordination élyséenne sur le sujet. Espérons que le “jupitero-mitterrandien” président Macron, avec de bonnes intentions, ne tombera pas dans le même travers fatal

 

23
May
2017
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Manchester: choc pour les services britanniques réputés efficaces

Invité ce soir sur BFM pour évoquer l’attentat de Manchester, j’ai notamment souligné à quel point cette attaque meurtrière constituait un choc pour les Britanniques, et pour les services de renseignement britanniques, réputés très performants, qui disposent d’un système de surveillance renforcé depuis les attentats massifs de Londres en 2005. Depuis lors, les services britanniques avaient déjoué des dizaines d’attentats et enduré seulement des attaques ponctuelles. A Manchester, la surveillance du MI6 et MI5 a été prise en défaut, notamment parce que le présumé terroriste a voyagé notamment en Libye et en Syrie…

Revoir l’émission

Attentat à Manchester: un niveau d’alerte critique
Après l’attentat qui a frappé hier soir l’Angleterre, le niveau d’alerte terroriste a été “relevé” dans le pays, passant de “grave” à “critique”. “Le centre indépendant qui évalue le niveau d’alerte en fonction des informations disponibles a jusqu’à présent maintenu le niveau d’alerte. Il a choisi aujourd’hui de le relever. Nous sommes aujourd’hui à un niveau d’alerte dit ‘critique’. Il est donc tout à fait possible que d’autres attaques soient imminentes”, a déclaré la Première ministre britannique Theresa May.
 On en parle avec: Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la DGSE. Christophe Dubois, journaliste d’investigation. Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l’ONU. Vincent Nouzille, journaliste d’investigation et auteur de “Erreurs Fatales, comment nos présidents ont failli face au terrorisme ? ” (Éd. Fayard). Et Dominique Rizet, notre consultant police-justice.
Édition spéciale, du mardi 23 mai 2017, présentée par Jean-Baptiste Boursier, sur BFMTV.
28
Apr
2017
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Terrorisme, l’usine à gaz du renseignement français devrait être simplifié!

Il est de bon ton, dans les milieux officiels, de se féliciter de l’évolution récente de la politique du renseignement en France, avec le vote de la loi de juillet 2015, le renforcement des moyens, les recrutements, l’expérience. Mais le système français demeure une usine à gaz, avec des multiples services qui se marchent parfois sur les pieds et une coordination toujours défaillante, comme je l’ai souligné dans mon livre “Erreurs fatales”…

La loi sur le renseignement du 24 juillet 2015 encadre les activités de renseignement en France. Elle définit les missions des services (sécurité nationale, lutte contre le terrorisme, etc) et autorise des techniques de surveillance avec l’aval d’une commission de contrôle dédiée. Mais cette loi n’a pas réduit l’usine à gaz du nombre de services qui se marchent sur les pieds, ni organisé une meilleure coordination du renseignement. Officiellement, depuis 2008, il existe à l’Elysée un « coordonnateur national du renseignement ».En réalité, ce coordonnateur (poste qui a changé 4 fois de titulaire en 5 ans) n’a aucun pouvoir hiérarchique sur les services qui continuent de se faire la guerre. Résultat : de nombreux ratés dans le suivi des djihadistes partis à l’étranger ou dans la surveillance des fichés « S ».

Dénoncée à de multiples reprises dans des rapports officiels, l’absence de pilotage est aggravé par la multiplication de structures dites de coordination, notamment l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) qui réunit les services sous la houlette de la police nationale, et l’Etat-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT), créé en 2015 et rattaché au cabinet du ministre de l’Intérieur.

De plus, le renseignement de terrain reste le parent pauvre de ce système émietté. La réforme de 2008 qui avait conduit à la création de la Direction centrale du renseignement intérieur (ancêtre de la DGSI), avait laissé de côté une partie des ex-agents des Renseignements généraux, regroupés sans grands moyens au sein d’une Sous-direction de l’information générale, finalement rebaptisée en 2014 Service central de renseignement territorial (SCRT) avec des embauches à la clé. Mécontente d’être tenue à l’écart de ces réformes, la gendarmerie nationale avait elle-même créé son propre service de renseignement…

Depuis, quelques passerelles ont été installées entre les services pour traquer ensemble les filières terroristes. Mais le pilotage demeure lacunaire, comme l’avait souligné en juillet 2016 la commission d’enquête parlementaire sur les attentats.

Parmi les deux candidats finalistes (voir leurs programme respectif ci dessous), Marine Le Pen suggère de créer une agence unique de lutte antiterroriste rattachée à Matignon (proposition déjà émise l’an dernier par les députés, retoquée par le gouvernement), tandis qu’Emmanuel Macron entend créer une cellule spéciale de renseignement anti-Daech auprès du président et un état-major des opérations antiterroristes. Quelle que soit la solution, une simplification et une meilleure coordination s’impose !

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(ci dessus, programme des 2 finalistes)

Pour info, voici comment est organisé le système de renseignement en France:

Le premier cercle de la Communauté française du renseignement est composé de plus de 13 000 agents dispersés entre

1/Le Ministère de la Défense qui a la tutelle de la

Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE plus de 6000 agents) chargée de la collecte du renseignement à l’étranger, du renseignement technique et des opérations clandestines à l’étranger.

Direction du renseignement militaire (DRM, 1800 agents), chargé de la collecte et du traitement de renseignements d’intérêt militaire pour l’état-major des armées.

Direction du renseignement et de la sécurité de défense (DRSD, 1100 agents), chargé de la protection du personnel du ministère et des sites sensibles.

2/Le Ministère de l’Intérieur qui a la tutelle de

Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, 3500 agents), nouveau nom (depuis 2014) de la Direction centrale du renseignement intérieur, qui a notamment la haute main sur la surveillance du terrorisme sur le territoire national et pilote une cellule commune à plusieurs services sur le terrorisme (cellule Allât).

3/Le Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget, qui a la tutelle de

La Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED, 700 agents), chargée principalement de lutte contre la contrefaçon, le trafic de stupéfiants et autres trafics de contrebande.

Tracfin, l’organisme chargé de surveiller les flux financiers suspects.

 

Mais d’autres services de renseignement s’ajoutent à ce premier cercle, parfois en concurrence avec les premiers.

Au ministère de l’Intérieur, par exemple, le renseignement de terrain est sous la responsabilité du Service central du renseignement territorial (SCRT), la Préfecture de police de Paris dispose de sa propre direction du Renseignement (DRPP), tout comme la gendarmerie nationale avec sa Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO).

Le ministère de la Justice vient de créer un Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP)

Pour coordonner l’ensemble,

-Le président de la République dispose officiellement d’un Coordonnateur national du renseignement et d’un Conseil national du renseignement. Le président réunit régulièrement aussi les ministres et responsables lors de Conseils de défense ou de Conseil de sécurité intérieure.

le Premier ministre peut s’appuyer sur les équipes du Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN) (en lien avec tous les services)

le ministre de l’Intérieur a sous sa tutelle l’Unité de coordination de lutte antiterroriste (UCLAT) (qui réunit tous les services sous la responsabilité de la Direction générale de la police nationale), et pilote directement l’Etat-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT).

-L’état-major des armées dispose, au sein de son Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de la cellule Hermès, commune à sept services, qui travaille sur les filières djihadistes.

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(ci-dessus traque des djihadistes français, image d’illustration)

27
Mar
2017
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“Frappes ciblées” dans “Les tueurs de la République”, sur Planète

“Frappes ciblées” est le deuxième volet des 2 documentaires sur les Tueurs de la République, que j’ai réalisés pour Planète +, diffusés à partir du 26 mars 2017. Il raconte comment nos présidents sont passés d’opérations ponctuelles d’assassinats ciblés au nom de la légitime défense à des opérations beaucoup plus offensives et militarisées pour “neutraliser” des “ennemis présumés de la France”, y compris des citoyens français.

 

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FRAPPES CIBLÉES

Les assassinats ciblés font partie des opérations les plus clandestines de nos services secrets. Pas seulement pour se venger. Mais pour éliminer de manière préventive des ennemis présumés de la France, avant même qu’ils ne nous frappent. C’est pendant la guerre d’Algérie que le Service Action a constitué ses équipes de « tueurs de la République », avec des ordres venus de l’Elysée. Ils ont ensuite continué d’opérer dans le plus grand secret, notamment pour neutraliser des ennemis et ont même voulu tuer le chef d’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, sans y parvenir.

Après le scandale du Rainbow Warrior en 1985 qui a déstabilisé la DGSE, celle-ci a constitué une cellule encore plus clandestine de tueurs, baptisée la cellule Alpha, qui a opéré pour le compte du président Mitterrand. Jacques Chirac, lui, s’est opposé à toute politique d’assassinats ciblés, même lorsque les Américains le lui ont demandé après les attentats du 11 septembre 2001.

En revanche, ces opérations ont changé de nature et d’échelle à partir de 2008-2010 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Avec la montée de la menace terroriste, la DGSE ne suffisait plus. Le chef de l’Etat a décidé d’employer désormais des moyens militaires plus offensifs et plus visibles, notamment les forces spéciales, pour mener des raids lors de prises d’otages et traquer des « cibles de haute valeur » pour les éliminer.

Suivant comme Nicolas Sarkozy les méthodes américaines, François Hollande s’est transformé en chef de guerre clandestine en 2013 au Sahel, donnant des consignes « d’éradication » et des ordres d’exécutions visant plusieurs dizaines de chefs terroristes. Il a franchi une étape supplémentaire en 2015 en commençant à cibler délibérément des djihadistes français partis en Syrie. Il demande de plus en plus souvent aux Américains de se servir de leurs drones armés pour nous aider à atteindre ces objectifs. Avec les risques d’engrenages.

Pour visionner un extrait du film (comment les listes des cibles sont préparées pour François Hollande, avec le témoignage de Fabrice Lhomme, coauteur du livre “Un président ne devrait pas dire çà”:

Tueurs de la République Film 2 Extrait 1/La “kill list” de Hollande from Vincent Nouzille on Vimeo.

27
Mar
2017
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“Vengeances d’Etat”, dans “Les tueurs de la République”, sur Planète +

“Vengeances d’Etat” est le premier volet des 2 documentaires sur les Tueurs de la République, que j’ai réalisés pour Planète +, diffusés le 26 mars 2017, et rediffusés le 27 mars. Il porte sur les opérations de représailles que la France – et surtout nos présidents successifs- a secrètement mené ces dernières décennies en riposte à des attentats, des prises d’otages ou des assassinats, et ce, de manière de plus en plus visible.

 

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VENGEANCES D’ÉTAT

La France n’a jamais eu la réputation d’appliquer la loi du Talion, comme le font Israël ou les Etats-Unis. Mais, en réalité, dans le plus grand secret, nos présidents de la République ont parfois décidé de représailles violentes contre des auteurs d’attentats commis contre des Français. Ils ont donné des consignes à des « tueurs de la République », des agents secrets du Service Action, le bras armé de la DGSE. Certaines de ces opérations ont échoué, d’autres ont réussi. La plupart sont demeurées secrètes. Et les présidents ont parfois hésité sur la conduite à tenir.

La traque du terroriste Carlos a par exemple donné lieu à des consignes différentes, par les présidentw Giscard d’Estaing et Mitterrand. Fallait-il le capturer ou le tuer ? Malgré son image plutôt pacifique, François Mitterrand était, en fait, partisan des répliques les plus dures. Il a secrètement approuvé des opérations Homo (pour homicides) après l’assassinat de l’ambassadeur Delamare au Liban en 1981 et il a commandité des ripostes sanglantes après l’attentat contre l’immeuble du Drakkar en 1983, autant d’opérations que ce film raconte dans le détail.

Jacques Chirac était beaucoup plus prudent concernant les vengeances d’Etat, ce qui n’a pas empêché les services de renseignement de demander aux Algériens de venger la mort des moines de Tibhirine en 1996. Plus décidé, Nicolas Sarkozy a ordonné que l’on neutralise tous les auteurs de l’embuscade d’Uzbin qui a tué 10 soldats français en Afghanistan en 2008. Et son successeur François Hollande, plus implacable que tous ses prédécesseurs, a érigé la vengeance en véritable principe. Il a notamment demandé à la DGSE que les responsables de la mort d’agents français en Somalie en 2013 soient « neutralisés ». Et l’ordre a été exécuté. La vengeance d’Etat est devenue systématique.

« Les Tueurs de la République », r…ngeances d’Etat plus ou moins réussies »

Le début du film Vengeances d’Etat:

Tueurs de la République Vengeances d’Etat/ Extrait 1/Planète + from Vincent Nouzille on Vimeo.

17
Mar
2017
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“Les tueurs de la République” sur Planète + le 26 mars

Lorsque j’ai publié en 2015 “les Tueurs de la république” (Fayard), je ne pensais pas que mon enquête sur les assassinats ciblés et autres opérations très spéciales des services secrets français, débutée en 2012, aurait un écho si pérenne. Mais l’actualité des attentats, la montée en puissance des exécutions ciblées menées par la France et mes révélations -confirmées par des sources multiples, y compris le président Hollande lui-même – sur le fait que l’actuel locataire de l’Elysée assumait ce type d’opérations de manière plus résolue que ses prédécesseurs, ont accru l’intérêt du public et des médias sur ce sujet tabou. Le livre a rencontré un large public, prolongé par son édition de poche paru en avril 2016 et les informations complémentaires de mon dernier livre “Erreurs fatales” sur ce sujet,

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J’ai aussi été contacté en 2015 par la chaîne Planète + (groupe Canal +) pour en faire une adaptation télévisée sous forme de 2 documentaires historiques sur le thème des guerres secrètes. Après de longs mois de travail d’enquête, d’écritures, d’interviews, de sélection d’images d’archives, de tournages et de montage, j’ai pu mener à bien ce projet avec les équipes de production de la société Ligne de Front.

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Ce sont ces 2 films (2X52′) qui vont être diffusés le dimanche 26 mars à 20h55 sur Planète + sous le même titre que mon livre, en deux volets complémentaires:

Le premier -titré “Vengeances d’Etat”– porte sur les opérations de représailles que la France – et surtout nos présidents successifs- a secrètement mené ces dernières décennies en riposte à des attentats, des prises d’otages ou des assassinats, et ce, de manière de plus en plus visible.

Le deuxième – titré “Frappes ciblées”- raconte comment nos présidents sont passés d’opérations ponctuelles d’assassinats ciblés au nom de la légitime défense à des opérations beaucoup plus offensives et militarisées pour “neutraliser” des “ennemis présumés de la France”, y compris des citoyens français.

Ci-dessous le teaser du film.

En complément,

-une interview dans Sud-Ouest sur les docs: voir ici sud ouest

-“Les Tueurs de la République”, dans le Nouveau rendez-vous, l’émission de France Inter du 21 mars 2017, avec Laurent Goumarre et Benoît Lagane

-“Les Tueurs de la République”, dans le Monde du 26 mars. « Les Tueurs de la République », r…ngeances d’Etat plus ou moins réussies »

et Un extrait d’ITW sur CNEWS sur le sujet le 25 mars  et un autre sur François Hollande le faucon