12
Apr
2019
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La guerre des parrains corses (suite): les héritiers au pouvoir

Mon collègue (et ami) Jacques Follorou, journaliste d’investigation au Monde publie ces jours-ci “Parrains corses: la guerre continue, au coeur du système mafieux” chez Plon.

Il s’agit de la version actualisée et enrichie de son précédent livre “La guerre des parrains corses” paru en 2013 chez Flammarion, qui faisait déjà suite à notre ouvrage écrit en commun “Les parrains corses”, publié en 2004 et actualisé en 2009.

En réalité, voilà plus de 15 ans que Jacques Follorou enquête sur ce sujet sensible, celui de la criminalité organisée corse qu’il faut bien appeler une mafia, tant elle empoisonne la société corse et menace notre démocratie. Un travail de fourmi, précis, documenté, mis à jour plusieurs fois et enrichi au fur et à mesure des affaires, des règlements de compte, des séjours sur place et d’un accès à des sources variées.

Nous avions, en 2004, raconté l’histoire, l’essor et l’impunité de cette criminalité organisée corse, que ce soit depuis Marseille dans les années 1920-1970 puis dans l’île depuis le début des années 80. L’ampleur de ce phénomène était alors sous-estimé et la mot “mafia” que nous avions employé choquait certains esprits aveugles.

Depuis lors, le phénomène mafieux – qui a des spécificités corses, loin des “modèles” italiens – n’a cessé de se développer. Et la mafia corse, comme le révèle Jacques Follorou dans son dernier opus, dispose désormais de nouveaux leviers économiques et politiques puissants.

De la lecture de “Parrains corses: la guerre continue”, il ressort, à mon sens, quelques points saillants:

-les règlements de comptes qui ont émaillé ces dix dernières années témoignent d’une rivalité sanglante de clans corses, qui est loin d’être achevée. Le système qui avait longtemps “tenu” l’île – à savoir le clan du “parrain” Jean-Jé Colonna dans le sud de l’île et le clan dit de la Brise de mer dans le nord – s’est bien effondré avec la mort de Jean-Jé en novembre 2006, suivie d’une guerre fratricide au sein de la Brise de mer, qui avait pourtant résisté jusque-là à plusieurs décennies de soubresauts. Aujourd’hui, plusieurs clans se disputent le contrôle de certains territoires et marchés (drogue, racket, marchés publics, sports, médias, etc). Le clan dit du Petit Bar, du nom d’un bar d’Ajaccio où ses figures se réunissaient, semble prendre de l’ampleur dans le sud, avec d’importants appuis, dans le monde économique.

Les fils des anciens parrains montent en puissance, avec les mêmes réflexes, la même violence, le même appétit féroce que leurs aînés. Certains mènent à bien des véritables vendettas, des vengeances personnelles, qui s’apparentent à une fuite en avant criminelle. Les parcours de certains d’entre eux – comme les fils de Francis Guazzelli, ou le fils de Francis Mariani, deux piliers de la Brise de mer – sont détaillés et documentés dans le livre. Ils semblent être les héritiers et les acteurs d’une histoire déjà lourde. Et ce n’est visiblement pas fini.

-L’impunité perdure. On s’interroge, au fil des pages, sur le sort de certaines procédures dans l’impasse, sur des complicités – parfois incroyables – dont certains parrains semblent bénéficier, que ce soit en Corse, en métropole et jusqu’en Afrique où certaines figures du crime organisé corse ont des amis influents qui les protègent. Mais le livre met aussi en lumière la complexité des enquêtes – notamment criminelles ou financières -pour établir des preuves judiciaires. Il remet aussi en perspective les atermoiements permanents de l’Etat sur le sujet, la difficulté d’adopter enfin un vrai statut pour les repentis qui commencent à parler.

A l’arrivée, c’est un morceau du territoire qui est gangrené, son tissu économique infiltré, ses réseaux politiques instrumentalisés, la démocratie menacée par ce pouvoir souterrain. Triste constat.

 

Pour en savoir davantage sur le livre, écouter l’émission de RTL L’heure du crime, du 11 avril 2019, avec Jacques Follorou. Ou retrouver le livre sur le site de Plon.

Par ailleurs, France 2 a diffusé le 9 avril au soir un documentaire intitulé “Narcotrafic, la nouvelle guerre”, retraçant l’histoire du trafic de drogue, avec des figures historiques, dont les Guérini à Marseille dans les années de la French Connection, Escobar en Colombie et El Chapo au Mexique. Un documentaire où j’intervenais notamment sur les Guérini et la French connection, initiés par les parrains corses…

17
Mar
2019
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Génération Beltrame

Dans le Figaro Magazine du 20 octobre 2018, j’avais fait paraître une enquête sur l’impact de la mort du colonel Beltrame, suite à l’attentat de Trèbes du 23 mars 2018. En interrogeant de nombreux responsables de la gendarmerie, des élus locaux, des dirigeants d’école et d’élèves, je constatais que la mort héroïque d’Arnaud Beltrame avait profondément marqué les esprits. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Au-delà de l’hommage national qui lui a été rendu le 28 mars 2018, et des célébrations qui auront lieu en mars 2019 pour le premier anniversaire des attentats de Trèbes, des centaines de lieux portent déjà son nom et plusieurs ouvrages lui sont consacrés. A mon sens, pour trois raisons essentielles:

le geste héroïque consistant à prendre la place d’une otage en risquant sa vie n’est pas courant. Même s’il n’est pas conforme aux règles (comme me le rappelle dans l’article le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Lizurey), il renvoie chacun à des questions fondamentales sur ce qu’on ferait dans ce cas de figure. Et la réponse n’est pas évidente…

Le parcours et la carrière d’Arnaud Beltrame en ont fait une figure droite et chevaleresque, qui, en dépit de ses échecs, incarne des valeurs auxquelles beaucoup sont attachés.

Enfin les circonstances et le moment de l’attentat de Trèbes ont constitué un tournant, chaque citoyen sentant que le terrorisme islamiste peut désormais frapper partout, mais que l’on peut aussi s’y opposer. Et les soldats morts au combat, sur des théâtres extérieurs, restent inconnus, alors qu’Arnaud Beltrame a eu un visage.

Au-delà de l’émotion, c’est la première fois qu’une telle figure de “héros” transparaît aussi publiquement dans la lutte contre le terrorisme et suscite des vocations, au point qu’on peut parler d’une forme de génération Beltrame en gestation. Reste à savoir si cet effet sera durable et se transformera en action, comme me l’a confié Cédric Beltrame, l’un des frères d’Arnaud.

Dans un message qu’il m’a adressé après la parution de l’article, Cédric Beltrame m’écrit: “Merci pour l’article, tous ceux qui l’ont lu ont trouvé que c’était très bien et reflétait bien l’état d’esprit d’une majorité de français par rapport à l’acte héroïque d’Arnaud et face au futur.”

Pour lire ou relire l’article complet du Fig Mag, c’est ici .  MAG1982_072,

 

Et pour prolonger le sujet, plusieurs ouvrages à lire et découvrir

-Arnaud Beltrame, le héros dont la France a besoin, de Jacques Duplessy et Benoît Leprince, Editions de l’Observatoire (juin 2018), 190 pages, 17€

Ce livre a le mérite d’avoir été le premier à revenir sur l’ensemble des événements tragiques de Trèbes et sur le parcours de l’officier décédé le 24 mars 2018. Ecrit dans la foulée par deux journalistes, il a bénéficié de l’appui, sous forme de préface et postface, de deux personnalités de poids : le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale, et Bernard Bajolet, ancien directeur de la DGSE et ex-ambassadeur de France en Irak, où il avait côtoyé Arnaud Beltrame. Une partie des recettes du livre sera reversée à la fondation « Maison de la Gendarmerie ».

-Arnaud Beltrame, gendarme de France, de Christophe Carichon, Editions du Rocher (3 octobre 2018), 224 pages, 16,9€.

Ecrit par un professeur d’histoire, spécialiste des questions militaires, et reposant sur de nombreux témoignages, dont ceux de sa famille, cette biographie détaillée est centrée sur les racines, l’itinéraire, les étapes et les quêtes spirituelles qui ont construit Arnaud Beltrame. Il inclut également des précisions sur la prise d’otages à Trèbes, notamment les échanges d’Arnaud Beltrame avec les forces de l’ordre avant l’assaut. Un ouvrage complet.

Arnaud Beltrame, l’héroïsme pour servir, Mareuil Editions, (31 octobre 2018), 18€.

Signé par un ancien journaliste à l’AFP, expert des sujets de sécurité, ce livre retrace également la vie de l’officier, son rôle à Trèbes et les hommages qui lui sont rendus. Il s’attache surtout à resituer son acte dans l’histoire de la gendarmerie, de ses faits d’armes militaires, depuis la bataille d’Azincourt (1415) jusqu’à l’assaut du GIGN à Marignane en 1994.

-Au nom du frère, de Cédric et Damien Beltrame, Grasset (novembre 2018), 240 pages, 18€

Les deux frères cadets d’Arnaud Beltrame ont décidé de raconter, sans volonté exhaustive, des moments forts partagés : un destin de famille bouleversée, des jeux d’enfance, des marches communes en Corse ou dans les Alpes. Ils livrent un récit personnel sur l’itinéraire de ce « soldat d’exception » que les armes et la violence ne fascinaient pas. Dans la fraternité de sang, puis dans celle liée à sa foi catholique et à son idéal maçonnique, transparaît un homme qui a connu aussi des moments difficiles et qui plaçait l’honneur au-dessus de tout.

-C’était mon fils, de Nicolle Beltrame, avec Arnaud Tousch, Albien Michel (mars 2019), 208 pages, 17€

Prenant la plume, la mère d’Arnaud Beltrame livre aussi un témoignage poignant sur son fils, son engagement, ses valeurs. Elle s’interroge sur les raisons qui ont pu retarder ( de 11 minutes!) l’assaut des forces de police après qu’il ait appelé à l’aide. Elle dit n’avoir aucune haine à l’égard du terroriste, mais seulement de l’indifférence. Elle souhaite surtout qu’il y ait un avant et un après Trèbes. Que la mort de son fils montre à tout le monde que l’on peut se tenir debout face aux épreuves. Un livre courageux.

 

5
Feb
2019
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Comment le fisc vous espionne

Paru dans le Figaro Magazine le 25 janvier 2019, voici un gros dossier sur les nouveaux outils du fisc pour vous espionner…

Sous la houlette de son ministre Gérald Darmanin, Bercy se met au big data et veut surveiller les réseaux sociaux.

“Durcissement des sanctions, création d’une police fiscale, recueil d’informations provenant de l’étranger, usage intensif de l’intelligence artificielle. Bercy met le paquet pour lutter contre la fraude fiscale. Y compris en voulant surveiller les contribuables sur les réseaux sociaux…”

Pour lire l’intégralité de l’article, c’est ici…

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22
Jan
2019
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PJ le grand malaise

J’ai publié le 18 janvier 2019 dans le Figaro Magazine un article sur le malaise des Officiers de police judiciaire.

Police Judiciaire : le grand malaise

 Les enquêteurs de police judiciaire dénoncent de longue date l’alourdissement des procédures qui les transforment en gratte-papiers, au détriment du terrain. Malgré les promesses de simplification faites par l’Elysée, le projet de loi sur le Justice, qui doit être adopté au Parlement mi-janvier, ne répond pas à leurs attentes. La déception et la démotivation gagnent tous les services de PJ.

Pour lire l’article en entier, c’est ici

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22
Dec
2018
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Les nouvelles guerres du Mossad

J’ai publié le 14 décembre dans le Figaro Magazine un long article sur les nouvelles guerres du Mossad, le service secret israélien.

“Réputé mondialement pour son audace, le service secret israélien a traversé ces dernières années une zone de turbulences : échecs, méfiance, conflits avec le Premier ministre. Mais Benjamin Netanyahou a nommé un de ses fidèles à la tête du Mossad. C’est lui qui a désormais toute latitude pour mener la guerre secrète sans merci contre l’Iran, le principal ennemi.”

Yossi Cohen, le patron du Mossad, lors d’une conférence publique fin 2018.

Tout le récit de cette guerre secrète  à lire et découvrir ici, avec un encadré sur les relations compliquées du Mossad avec les services français.

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14
Dec
2018
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Strasbourg: un attentat redouté depuis des années… et des questions

Dans la soirée du 11 décembre 218, un ex-braqueur radicalisé Cherif Chekatt, 29 ans, a semé la terreur dans les rues du centre de Strasbourg, près du marché de Noël, lieu symbolique et festif de la cité. 16 personnes ont été touchées, dont 4 sont décédées, et 12 blessés, dont plusieurs très gravement (bilan provisoire).

Au terme d’une traque de 48 heures, le terroriste présumé, fugitif, a été abattu après avoir tiré sur une patrouille de police, dans le quartier où il avait grandi. L’enquête continue, notamment sur sa famille et ses proches, pour vérifier de quelles complicités éventuelles il a pu bénéficier, avant et après son passage à l’acte.

 

Cet attentat meurtrier s’inscrit dans un contexte particulier et suscite des questions:

après plusieurs mois de calme relatif, la menace terroriste reste un à niveau très élevé en France: les derniers attentats ont eu lieu à Trèbes (4 morts) le 23 mars, et à Paris (1 mort, 4 blessés), le 12 mai dans le quartier de l’Opéra. Les modus operandi constatés (terroristes seuls, armes de poing, couteau, relative improvisation apparente, fuite )  laissent penser que l’organisation et la projection de commandos du type Stade-De France/Terrasses/Bataclan est désormais plus difficile pour les groupes islamistes. Mais la prudence s’impose puisque l’Etat islamique, défait militairement en Syrie et Irak, conserve des forces importantes (20/30 000 combattants, selon des estimations) et des cellules actives en Europe. Son idéologie et la puissance de sa propagande sur internet demeurent très forte. Selon une note des experts du Soufan center (à lire ici), les appels de Etat islamique à ses supporters à conduire des attentats en Europe vont se poursuivre. Plus largement, la nébuleuse djihadiste mondiale est aujourd’hui quatre fois plus nombreuse qu’en 2001, avec plus de 230 000 combattants, selon une note récente d’un centre de recherche de la Haye à lire ici.

le profil d’ex-braqueur multirécidiviste de Cherif Chekatt, habitué des armes, de la prison, de la violence, confère à cette affaire de Strasbourg un caractère plus grave. Il soulève des questions concernant sa surveillance et son interpellation ratée avant son passage à l’acte (fiché S, poursuivi pour un délit de droit commun, mais suivi aussi par la DGSI, sans signe apparent de future action), qui rappelle à certains égards le cas de Mohammed Merah en mars 2012 ou des frères Kouachi en janvier 2015. Y a-t-il eu des failles dans le système, des problèmes de communication entre services?

-Strasbourg redoutait depuis des années un attentat de ce type sur son marché de Noël. Il figurait de longue date dans la liste des cibles possibles des djihadistes, tout comme d’autres lieux symboliques déjà frappés (Stade de France, salle de concert, Promenade des anglais à Nice, marché de Noël de Berlin). Nous avons raconté en détail, dans notre documentaire “Histoire secrète de l’antiterrorisme” diffusé sur France 2 le 13 novembre, l’histoire de l’attentat déjoué in extremis de fin décembre 2000 à Strasbourg. Grâce à une collaboration étroite entre la police allemande (BKA) et les services français (DST), plusieurs terroristes membres d’Al-Qaïda avaient été arrêtés fin décembre 2000 à Francfort juste avant qu’ils ne commettent un attentat, puis le chef de cette cellule arrêté en Espagne quelques mois plus tard. Ils avaient fait des repérages à Strasbourg, sur le marché de Noël, avec une caméra vidéo, ponctuant leur enregistrement de propos glaçants: “voici les ennemis de Dieu en train de flâner”; “Vous irez en enfer!” (voir image ci-dessous). “Cela aurait pu être un attentat massacre” raconte l’ancien juge Jean-Louis Bruguière, qui a suivi cette affaire et orchestré cette enquête.

Depuis lors, le marché de Strasbourg a toujours été très protégé. Mais, le 11 décembre dernier, malgré un dispositif sécuritaire important et le dévouement des forces de l’ordre, le terroriste a pu pénétrer dans le périmètre et entamer son parcours meurtrier. En dépit d’échanges de tirs et de résistance, il a pu fuir. Comment a-t-il échappé aux contrôles en amont, alors qu’il était vivement recherché depuis le matin?

-Strasbourg demeure un vivier important du djihadisme en France. Plus de 400 personnes du département du bas-Rhin sont inscrites dans le fichier des personnes suspectées de radicalisation. Plusieurs cellules ont été démantelées ces dernières années sur place.

En mai 2014, 7 personnes ont été arrêtées, dont Karim Mohammed-Aggad, frère de Foued, l’un des futurs kamikazes du Bataclan le 13/11/2015, originaire de Strasbourg. Ce réseau comprenait plusieurs hommes partis en Syrie faire le djihad. Ils étaient en contact avec des responsables de l’Etat islamique en charge de préparer des attentats en Europe. Même emprisonné, l’un des membres de ce réseau continuait de communiquer, via skype, avec Foued Mohammed-Aggad, ce dernier lui annonçant début septembre 2015 qu’un événement allait bientôt se produire en France…

En novembre 2016, quatre personnes ont également été arrêtées à Strasbourg, en lien avec autres interpellations à Marseille, dans le cadre d’une enquête sur des préparatifs d’attentats (prévus probablement à Paris, début décembre 2016) par des membres de l’Etat islamique, sous les ordres probables de Boubakeur El-Hakim, figure du djihad français, devenu l’un des principaux responsables des opérations terroristes des services secrets de l’Etat islamique. Cette histoire et son parcours sont détaillés dans le livre très documenté et passionnant de mon confrère Matthieu Suc “Les Espions de la terreur” (ed Harper et Collins), paru récemment.

D’où ces questions sur le terreau des réseaux dormants de l’Etat islamique dans la région de Strasbourg: ont-ils été particulièrement surveillés depuis 3 ans, notamment leurs liens avec les milieux de la délinquance, les sorties de prison, et les complicités en Allemagne?

Ci-dessous, des liens pour

-revoir (ici) un extrait du JT de France 2 du 12/12 dans lequel un extrait du documentaire Histoire secrète de l’antiterrorisme sur l’attentat déjoué de Strasbourg en 2000

-revoir une partie de l’émission de BFM du 12/12 avec Nathalie Lévy, durant laquelle je suis intervenu sur les événements récents

-revoir ici la première partie de l’émission de BFM du 12/12 avec Bruce Toussaint, durant laquelle je suis intervenu sur l’attentat (avant la neutralisation du suspect du 13/12).

 

12
Nov
2018
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“Histoire secrète de l’antiterrorisme”: un documentaire événènement

Le lundi 12 novembre, nous étions, Patrick Rotman et moi, invités dans l’émission “l’instant M” animée par Sonia Devillers, sur France Inter pour parler de notre documentaire “Histoire secrète de l’antiterrorisme” qui sera diffusé sur France 2 le 13/11 à 21h lors d’une soirée spéciale. Pour réécouter l’émission (19′) ponctuée de quelques extraits des propos des intervenants, et durant laquelle nous abordons toutes les périodes du film et ses principaux points forts, c’est ici 

La plupart des médias jugent le documentaire passionnant, instructif et aussi parfois inquiétant… Car, à travers les confessions des acteurs de la lutte antiterroriste (magistrats, policierrs, patrons du renseignement et des unités d’élite), qui expriment, souvent pour la première fois, leurs succès, leurs échecs, leurs tensions, leurs émotions, il révèle les coulisses des enquêtes et les failles du dispositif, tout autant que les difficiles efforts pour contenir les menaces nouvelles.

“Un document exceptionnel” pour Philippe Vandel: interview de Patrick Rotman, (à partir de 30′) sur Europe 1 le 11/11; à réécouter ici.

 

-“Un film qui revient avec rigueur sur les attentats terroristes, qui décrypte les différents visages du terrorisme, sans oublier que, derrière l’antiterrorisme, il y a des hommes marqués par leur mission”, pour Eva Roque sur Europe 1, le13/11, à réécouter ici.

“Un documentaire formidable”, pour France Info, qui a invité le 13/11 Patrick Rotman à parler du film. Retrouvez l’interview ici

-“Trés didactique”, selon Le Monde, notamment sur les différentes étapes du renforcement législatif. Article à lire ici: 2018 11 13 le monde antiterrorisme

-“Ces grands patrons de la police, de la justice, et du renseignement font tous preuve d’un rare pessimisme quand ils évoquent la montée inéluctable de ces phénomènes”, pour le Nouvel Obs. Chronique pessimiste (!) à lire ici.

-“Un documentaire passionnant et capital. Un film pédagogique” pour le Figaro TV Mag.

“Un film sobre et efficace”, pour Valeurs actuelles.

-“Un témoignage exceptionnel sur les coulisses de l’antiterrorisme. Une enquête indispensable pour comprendre les enjeux, les risques et l’évolution des dispositifs”, pour Télé 7 jours.

-“Des confidences captivantes émaillent ce document majeur”, pour Télé 2semaines.

-“Un grand récapitulatif chronologique du terrorisme en France, illustré par d’abondants témoignages de professionnels qui donnent des clés sur le pourquoi du comment”, pour TéléZ.

-“Ces hauts responsables reconnaissent avec peine certaines erreurs et couacs de coordination,”, pour la Vie. Lire la chronique ici

-“Un récit collectif précis et prenant. Les propos lucides et sans langue de bois, notamment dans l’échec, permettent à ce documentaire d’offrir un regard neuf sur un sujet déjà largement traité, pour l’Express. A lire ici.

“L’histoire sans concessions de 30 ans d’antiterrorisme. Ce documentaire éclaire utilement l’actualité de ces dernières années”, pour La Croix, à lire ici

“C’est un documentaire haletant … En donnant la parole aux responsables de ce domaine éminemment sensible, [Patrick Rotman] prend le parti d’un regard « de l’intérieur ». Le risque était de tomber dans la langue de bois. Il n’en est rien”, pour l’Humanité, à lire ici

“France 2 plonge dans les arcanes de l’antiterrorisme. Un documentaire passionnant” pour le Figaro, itw de Patrick Rotman à lire ici

“Ce documentaire très complet, mais un peu austère, donne la parole à ceux qui pendant plus de trente ans ont lutté contre le terrorisme. Les édifiants témoignages de tous ces grands noms de l’antiterrorisme permettent de comprendre comment on peut fait face à cette menace…” pour Le Parisien.

“Ces hommes sont lucides sur les limites de leurs actions. Un documentaire captivant”, pour La Libre Belgique, à lire ici

D’autres liens et commentaires à venir…

 

Et l’un des teasers de France 2 sur le film

8
Nov
2018
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“Histoire secrète de l’antiterrorisme”: diffusion le 13 novembre sur France 2

Le film documentaire titré “Histoire secrète de l’antiterrorisme”, que je signe avec Patrick Rotman, sera diffusé sur France 2 dans la soirée du 13 novembre 2018, à partir de 21h.

Il retrace plus de 30 ans de lutte antiterroriste en France, racontée de l’intérieur par les acteurs de cette lutte, policiers, magistrats, responsables des services de renseignement. Ils livrent un témoignage précis et inédit de leurs combats, de leurs réussites et de leurs échecs.

 

Nourri de révélations et d’images inédites, le film retrace les différentes vagues d’attentats qui ont frappé notre pays, de l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 et celui de la Rue de Rennes en 1986 à ceux des années 1994/1995, les suites du 11 septembre 2001, les filières irakiennes, l’affaire Merah, les attentats de Paris de 2015, et les suivants.  Il décrypte les évolutions de la menace, du terrorisme international au terrorisme domestique, révèle les failles et les aléas des enquêtes et détaille les adaptations par à-coups du dispositif français.

(plus de détails sur le film ici  France 2 Documentaire anriterrorisme )

Ce projet de documentaire a démarré il y a plus de deux ans aux côtés du réalisateur Patrick Rotman, avec qui j’avais déjà signé en 2016 deux films sur les présidents français et américains. Avec la société de production Kuiv, nous avons proposé ce sujet sur les coulisses de la lutte antiterroriste à France 2 qui a donné son accord début 2017.

Initialement, nous devions faire un film de 110 minutes. Mais compte tenu de la richesse des témoignages que nous avons recueillis (plus de 40 heures d’interviews), nous avons suggéré à France 2 d’allonger le film, pour bien couvrir la période historique et pouvoir entrer dans le détail de certains épisodes (comme les attentats de 86, ceux de 95, l’affaire Merah, le Bataclan), tout en tentant de rester le plus pédagogique possible.

Le montage, réalisé par Patrick Rotman, avec Yvan Gaillard, a duré plusieurs mois, et la collecte d’images inédites, avec l’aide de Marie-Hélène Barberis, a été très minutieuse.

Au final, le film, d’une durée exceptionnelle de 150′, sera diffusé d’un seul tenant par France 2 lors de la soirée du 13/11, 3 ans après les attentats de Paris. Il sera suivi (à 23h30) d’un débat sur les menaces actuelles, organisé par la rédaction de France 2.

L’avant-première du film s’est déroulée, dans une salle comble, à France Télévisions, le 7 novembre, en présence de plusieurs des intervenants du film.