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Dec
2016
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Des opérations Homo expliquées au musée de l’Armée

Belle surprise que l’exposition “Guerres secrètes” qui se tient au Musée de l’Armée, aux Invalides jusque fin janvier 2017. Pour la première fois, en effet, les experts du renseignement, les militaires, les services ont accepté, avec l’aide des historiens et des muséographes, d’expliquer de manière pédagogique le fonctionnement, l’histoire, les missions et les opérations des services secrets français, avec ses succès et quelques échecs.

 

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Dans une ambiance de clair-obscur, qui fait d’habiles références au cinéma (de James Bond à OSS 117), l’exposition présente de nombreux objets, qu’il s’agisse d’armes, d’appareils photos, de faux papiers, d’uniformes, d’outils de radiocommunication pour les parfaits espions (dont une réplique de la fameuse machine allemande Enigma, voir photo ci-dessous, décodée par les britanniques durant la deuxième guerre mondiale). On y découvre un petit sous-marin de la DGSE, créé pour les nageurs de combat de son Service action, des portraits de maitres espions et quelques documents rares.

Parmi eux figurent notamment deux notes inédites évoquant les opérations Homo, les opérations d’éliminations ciblées menées par les services secrets. Une première fiche, datée de 1958, désigne un “objectif” dans le contexte de la guerre d’Algérie, en l’occurrence en citoyen allemand résident au Maroc, à “neutraliser” par “toxique indétectable à effet différé”. La note est validée par le conseiller spécial du général de Gaulle, Jacques Foccart, et transmise au chef du Service action pour exécution.

La deuxième note présente une liste d’opérations d’éliminations et de sabotage contre des objectifs durant les années 1957 et 1956. Parmi eux, l’envoi d’un colis piégé à Meknès à une cible désignée au printemps 1957. Avec ce commentaire sur le résultat: “destruction de l’objectif et de sa famille.” Le SDECE (ancêtre de la DGSE) n’avait pas froid aux yeux!

Les opérations Homo ont donc laissé des traces, comme je l’expliquais dans mon livre “les Tueurs de la république“, où je racontais quelques-unes de ces missions. Et elles sont toujours d’actualité, qu’elles soient clandestines, ou plus militarisées.

Comme le dit le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans la préface du catalogue de l’exposition: “les guerres secrètes sont une réalité de notre temps”. Il parle d’expérience…

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