Ce fut une enquête au long cours avec mon collègue et ami Jacques Follorou. Nous avons remonté le fil du temps de l’histoire des parrains corses, trouvé des milliers de pages d’archives en France comme aux Etats-Unis, multiplié les contacts dans les milieux de la police, de la justice, dans l’île et même rencontré des voyous corses qui nous ont fait quelques confidences. Nous avons tenté de mettre à jour ce qui s’apparentait de plus en plus à une mafia et qui a étendu son emprise, principalement en Corse, mais aussi bien au-delà.
Depuis la parution en 2004 de la première édition des Parrains corses – vendu à plus de 80 000 exemplaires –, de nouveaux documents, des témoignages et de multiples rebondissements sont venus enrichir l’histoire de ce pouvoir occulte, seul véritable crime organisé français.
De 1930 à 1980, les parrains corses ont d’abord pris leur essor, entre Marseille et Paris, grâce à une solidarité clanique, des activités diversifiées, une violence rare, une implantation internationale et de solides appuis politiques. Les caïds corses ont dirigé la French Connection, filière française de l’héroïne. Ils ont été mêlés à la plupart des grands événements de l’histoire du pays, dans les coulisses du pouvoir, bénéficiant de protections hors du commun.
Au début des années 80, le milieu corse a connu un tournant en s’installant à demeure sur son île. Les parrains ont profité de leurs amis haut placés et du paravent créé par l’activisme des nationalistes pour y étendre leur emprise, exerçant une pression constante sur la démocratie locale et gangrenant l’économie insulaire.
Depuis le début des années 2000, ils se disputent des territoires et le contrôle d’activités criminelles qui vont de l’Afrique à l’Amérique latine. Des règlements de comptes et les guerres de succession ont à nouveau embrasé le milieu corse. Les tueries se succèdent et l’impunité demeure. Comme au premier jour.
Les auteurs
Jacques Follorou est journaliste au Monde.
Vincent Nouzille est journaliste indépendant, après avoir été grand reporter à L’Express.
« Une véritable encyclopédie du milieu corse, une histoire détaillée de ses mythiques parrains (L’Express, 2004)
« Les journalistes Jacques Follorou et Vincent Nouzille, enquêteurs magistraux, ont eu l'audace d'écrire une autre histoire de l'île, celle de ses mafias souveraines avec leurs parrains et leurs protecteurs » (Philippe Alexandre, Lire, 2004)
« Le livre aurait pu s'appeler Les parrains corses 2 ou Les parrains corses, le retour. Il se lit comme un polar ou comme on regarde un film. A ceci près qu'il n'emprunte rien au monde de la fiction. Que les voyous, les flics et les hommes politiques sont bien réels. Et que les morts ne se relèveront pas au clap de fin des scènes de fusillade. » (Corse Matin 2009)